Un transport en communion

« Pouiches »

C’est le terme qu’a utilisé Catherine Dorion pour qualifier les idées de la CAQ en matière de transports collectifs. Un caractère « pouiche » qui s’explique notamment par le fait que la ministre responsable de la Capitale-Nationale ne prendrait vraisemblablement jamais le bus.

J’aime prendre régulièrement le transport en commun. Donc, suivant ce raisonnement, j’ai bon espoir de me prémunir contre le risque de développer des idées « pouiches » à ce sujet.

Me voilà rassurée !

J’aime ça au point où ça peut sembler intrigant. Ça me plait même quand un parcours s’éternise.

Cet article est aussi paru dans notre magazine de juillet/aout 2021. Cliquez sur cette bannière pour y accéder en format Web.

C’est même à se demander si je ne suis pas un brin masochiste d’aimer ça jusqu’à y perdre du temps.

À l’instar de la députée de Taschereau, j’y vois une expérience citoyenne pertinente.

Mais je crois qu’il y a plus.

C’est que le transport en commun est l’un des lieux propices pour croiser des personnes dans un contexte où ils seront plus authentiques, ce qui crée parfois des moments empreints de beauté et d’humanité. Par exemple, une personne qui, ayant sa journée de travail dans le corps, va s’assoupir ou, pour un temps, mettra de côté son étiquette professionnelle. Posture douteuse et filet de bave inclus.

Lors de ma plus récente balade en bus, en attendant son passage, j’ai pu discuter avec une personne qui avait perdu son emploi à cause de la pandémie. J’ai aussi contemplé une famille toute pleine de tendresse et de complicité, une femme épuisée finissant son quart de travail en CHSLD, une femme ainée toute digne et rayonnante. Finalement, j’ai croisé un homme, probablement itinérant, qui n’aura pas d’autre plafond sur la tête de la journée parce que ça lui a pris toutes ses dernières ressources pour pouvoir monter.

Contempler cette vie battre autour de moi nourrit mon amour du prochain comme ma soif de justice qui, dans ma vie spirituelle, sont intimement liés.

Vous me direz que, dans les transports en commun, la plupart des gens entrent dans leur bulle, enfilent des écouteurs ou se plongent dans leur cellulaire. Il n’en reste pas moins que, par une présence discrète, pendant cet instant de transit, il m’a été donné de prier pour eux.

Chaque fois, cette expérience de rencontre et de prière pour des personnes qui me sont pour la plupart inconnues revitalise ma foi. Contempler cette vie battre autour de moi nourrit mon amour du prochain comme ma soif de justice qui, dans ma vie spirituelle, sont intimement liés.

C’est pourquoi, en croisant certaines personnes ce jour-là, j’ai voulu confier à Dieu leur vie personnelle, leurs relations, et aussi l’amélioration de leurs conditions de vie.

L’autobus est un lieu où des rencontres humaines signifiantes ont le potentiel de se déployer. Un endroit où, si nous prenons le temps de nous arrêter et d’être présents à ce qui nous entoure, il nous est donné de contacter la richesse de l’humanité, de prier ou d’être une oreille attentive pour notre prochain.

Des idées qui sont loin d’être « pouiches ».


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Émilie Frémont-Cloutier

Émilie Frémont-Cloutier est formée en travail social. Œuvrant comme missionnaire de rue, bénévole et travailleuse dans le milieu communautaire, elle a soif de justice sociale et cherche passionnément l’extraordinaire qui se cache dans la vie des gens ordinaires.

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