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Photo: Jonathan Meyer / Unsplash.

Les mages, pères de la contemplation

Nous avons tous une passion. Un truc qui nous fait flipper. Pour certains, c’est le curling; pour d’autres, ce sera l’origami ou l’encodage informatique. Pour les rois mages, leur passion, c’était de regarder le ciel. (Ne jugez pas trop vite. À l’époque, les options de loisirs étaient plutôt restreintes.)

Dans ce qui les faisait vibrer, dans cette inclination naturelle de leur cœur, le Créateur s’est incliné lui-même et s’est manifesté à eux – c’est le sens de l’épiphanie – en faisant clignoter le ciel spécialement pour eux.

Leur vie, qui n’était alors qu’accumulation de connaissances, est devenue une question, une quête. Émerveillés, ils se sont mis en route. La contemplation pousse au mouvement vers l’Immuable.

Le passage obligé

Pas fous pour deux sous, les sages mages se disent qu’un petit «croche» par Jérusalem s’impose. Symbole de l’Église, la cité sainte contient les meilleures ressources pour interpréter les signes reçus.

Quand la crème de la crème de la sagesse païenne rencontre la richesse pleine aux as de la tradition hébraïque, ça fait des flammèches! La lumière de la Parole de Dieu vient éclairer la lumière aperçue dans la nuit, pour les mener à la Lumière des nations.

Et rapidement, tout cela conduira nos trois rois du roadtrip jusqu’à une rencontre au sommet… dans le creux d’une mangeoire.

Heureux présage d’un salut qui se donne à manger.

La rencontre personnelle

Les gars en ont connu d’autres: ils ne se laissent pas impressionner par les belles parures et le blingbling. Ils savent qu’un roi vêtu de guenilles griffées ne garantit rien.

Quand même, on imagine la surprise lorsqu’ils arriveront devant le Seigneur de l’univers enveloppé dans ses langes. Comme Lady Gaga, ils ont diront: «Une étoile est née.»

La rencontre personnelle avec le fils du charpentier leur scie les jambes, et les voilà sur les rotules.

La rencontre personnelle avec le fils du charpentier leur scie les jambes, et les voilà sur les rotules. Désarmés devant le bébé, ils contemplent en lui le Roi des rois, le Verbe de Dieu qui était dès avant la création du monde. En guise de remerciement pour les jolis coffrets, il leur répond un gagui-gaga bien senti.

L’envoi en mission

Après avoir été rejoints dans leur passetemps par l’apparition de l’astre, après avoir reçu l’éclairage de la Parole de Dieu sur le phénomène naturel qu’ils ont admiré, et après avoir serré la menotte à l’Auteur de la vie, les mages retournent parmi les nations.

Pour quoi faire? Dieu seul le sait.

Mais si on se permet une petite spéculation théologique – pardonnez le pléonasme –, parions qu’à la suite d’une si belle virée, ils sentaient le désir brulant d’aller partager la nouvelle aux limites du monde.

Il fallait que toutes les créatures (cf. :Cantique de Daniel), tous les peuples, les vieillards avec les enfants, puissent entrer dans la louange éternelle.

De telle sorte que le mouvement de contemplation de la nature n’arrête pas sa course dans une dévotion idolâtre envers les créatures, mais qu’il nous tourne le cœur vers Dieu et vers le prochain.


Ce texte est tiré du numéro Création du magazine Le Verbe, automne 2019. Pour consulter la version numérique, cliquez ici. Pour vous abonner gratuitement, cliquez ici.


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Antoine Malenfant

Marié et père de famille, Antoine est diplômé en études internationales, en langues et en sociologie. À la tête de l’équipe de rédaction du Verbe depuis 2013 et directeur artistique de la publication, il anime chaque semaine, depuis septembre 2016, l’émission radiophonique On n’est pas du monde.

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