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Jacques Bilodeau. Photo : Véronique Demers

Cultiver pour donner : un jardin d’entraide

Le projet Cultiver pour donner est parti d’une simple passion pour le jardinage et d’un désir d’entraide. Aujourd’hui, l’organisme compte neuf terrains pour la culture et distribue ses produits à de nombreux bénéficiaires à Québec. Entrevue avec Jacques Bilodeau, diacre et fondateur. 

Passionné de jardinage depuis de nombreuses années, Jacques Bilodeau a voulu redonner au suivant. Il y a cinq ans, avec sa femme, le diacre de la paroisse Saint-François-de-Laval a cultivé chez lui des légumes qu’il a offerts à des familles démunies de Limoilou. Le projet Cultiver pour donner venait ainsi de naitre.

Photo : Véronique Demers

« J’ai travaillé pendant 13 ans au service d’entraide du Patro Rocamadour, à Limoilou, où j’ai été en contact avec plusieurs familles et personnes en situation de précarité. Ça m’est toujours resté en tête », souligne le diacre permanent. Le projet à l’église Sainte-Claire a rapidement fait des petits. M. Bilodeau a invité les paroissiens intéressés à participer au projet, avec terreau et plants fournis.

Jardinage, entraide et COVID-19

Questionné sur la manière dont la pandémie de la COVID-19 a pu changer le mode de fonctionnement de Cultiver pour donner, Jacques Bilodeau précise que le calendrier de production n’a pas été affecté, mais que les équipes de travail sur le terrain ont été réduites à deux, trois ou quatre jardiniers. « C’est comme si on était sur l’océan, alors que la tempête fait rage, mais au fond, ça ne nous a pas empêchés de démarrer la pouponnière, les semis et la préparation des terrains. On s’est adapté en faisant les choses autrement », exprime-t-il. 

Cultiver pour donner risque de susciter cette année un engouement accru auprès des participants, étant donné les possibilités limitées de voyages. « Dieu a toujours pourvu à nos besoins, qu’ils soient matériels ou humains. C’est vraiment merveilleux », résume Jacques Bilodeau.  

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Photo : Véronique Demers

Outre les participants individuels qui entretiennent des légumes sur leur balcon ou dans leur cour, Cultiver pour donner étend sa production sur neuf terrains, notamment au jardin communautaire La Rosée à Vanier, à la Maison de transition pour hommes judiciarisés dans Saint-Malo, à la Maison de transition Mère-Marie pour femmes en haute-ville et sur le terrain de la famille Myriam, à Limoilou. C’est d’ailleurs sur ce lot limoulois qu’une serre artisanale sera construite, grâce au soutien financier — à confirmer — d’une entreprise sympathique à la cause.

Charisme de saint François d’Assise

L’an dernier, 36 ménages ont pu recevoir des paniers de fines herbes et légumes frais. Il y a même eu un surplus, qui a été remis 8 fois à des organismes d’aide alimentaire à Limoilou. Jacques Bilodeau et son équipe de bénévoles ont intégré dans leur travail le charisme de saint François d’Assise, reconnu pour son amour de la nature, de l’écologie, mais aussi sa compassion pour les pauvres et les abandonnés.

Dans la même veine, l’instigateur de Cultiver pour donner a souligné le passage dans Matthieu 25, 35-40 qui lui sert de leitmotiv pour l’entraide envers son prochain : 

« […] Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! » Alors les justes lui répondront : « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ? » Et le Roi leur répondra : « Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. »

L’organisation de Cultiver pour donner est chrétienne et les valeurs de bienveillance, de compassion et d’amour sont véhiculées. Cependant, il n’y a pas à proprement parler de pensée spirituelle du jour jointe au panier de légumes distribué dans les ménages bénéficiaires. « Notre identité est religieuse. On n’oblige personne à partager sa foi chrétienne, mais on ne la cachera pas non plus », nuance Jacques Bilodeau. 

Visites d’amitié

Pendant une douzaine de semaines, les bénévoles se rendent chez les familles et autres bénéficiaires de Cultiver pour donner. Naturellement, quelques liens se tissent, et la courte visite se transforme souvent en visite amicale. 

« Personnellement, je suis allé porter des paniers à une femme de 92 ans, seule dans son logement, mais autonome. Lorsque je suis arrivé, elle s’est exclamée en disant : “Oh ! vous avez pensé à moi !” Elle était très touchée ; elle s’est mise à pleurer », raconte-t-il. Comme quoi autant le corps que l’esprit et les relations sont nourris dans ce projet.


Pour participer au projet ou être bénévole à la distribution de légumes :
418 623-4926, poste 100
paroisse@limoilou.ca


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Véronique Demers

Véronique Demers est passionnée d'écriture depuis sa tendre enfance. Elle a exercé la carrière de journaliste pendant plus de 10 ans. Elle s'intéresse en particulier au développement personnel, au mieux-être, à la spiritualité, à la technologie et au monde du travail.

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