familles missionnaires
Photo: Macau Photo Agency/Unsplash

Des familles missionnaires en Chine témoignent

Le 23 janvier dernier, la ville de Wuhan, en Chine, s’est vue mise en quarantaine après avoir été le premier foyer majeur du coronavirus. Il y a quelques années, le pape François a envoyé des familles missionnaires du Chemin néocatéchuménal non loin de cette zone. À l’orée de cette pandémie, elles ont dû prendre une décision : partir ou rester. 

Certaines ont choisi de quitter et d’autres ont préféré partager le sort de leurs frères chinois. Début février, ces familles missionnaires en quarantaine ont échangé des lettres avec d’autres personnes appartenant à leur itinéraire de formation. Le Verbe a obtenu l’autorisation de les publier.

«Prisonniers du Christ»

Chère communauté, nous vous souhaitons un bon dimanche !

Nous allons bien, vos prières nous soutiennent vraiment dans ce moment difficile que le Seigneur veut pour nous ici en Chine ; la prière des laudes de ce dimanche a été impressionnante : voir qu’Il existe, qu’Il chemine devant nous est un privilège que nous ne méritons pas. Le voir si proche nous aide, nous réconforte, nous rend heureux et nous permet d’être en paix.

Hier S. et L. nous ont envoyé à tous un message et nous ont salués comme « prisonniers du Christ » et ceci nous a beaucoup consolés : voir que c’est un moment difficile pour nous, mais, en même temps, un temps propice, un temps à notre faveur, un temps pour entrer en intimité avec Lui. 

Un temps propice aussi pour nos enfants qui l’acceptent avec joie et dans l’attente que le Seigneur leur parle. Nous nous sentons vraiment privilégiés de vivre ce temps ici, « comme prisonniers dans le Christ », un don que le Seigneur nous fait sans que nous le méritions, parce que Lui l’a voulu, et ça nous dépasse : nous sommes très reconnaissants envers le Seigneur.

Ici, la situation face au coronavirus s’aggrave chaque jour, les nombres ne se stabilisent pas (en ce moment [début février] il y a 823 morts, 2880 guéris, 37,287 cas confirmés, 28 900 cas suspectés) : ce sont les données officielles… Nous ne savons pas si elles sont réelles… Le problème est l’hystérie collective qu’il y a dans les villes. Dans notre zone, il y a déjà des cas confirmés.

Mon épouse et moi revenons du bureau central de notre secteur pour obtenir le nouveau laissez-passer qui nous a été donné pour nous déplacer. C’est une passe pour chaque maison valide pour un mois. Avec elle, il nous est permis de sortir, une seule personne, tous les deux jours, pour faire des achats. 

Pour le reste, tous les services sont au-dessous du minimum : les usines et les bureaux sont fermés, les rues sont vides, les supermarchés sont ouverts de 11 h à 17 h. Tout est fermé. L’université, on ne sait pas si elle rouvrira, et nos enfants qui sont à l’école primaire, commenceront demain le deuxième trimestre en ligne.

Il y a beaucoup de contrôles de sécurité : pour aller faire les courses, ils nous prennent la température, ils écrivent nos données sur un registre, ils nous donnent de l’antiseptique dans les mains, tout cela avec le nouveau masque posé… 

Nous entrons dans les magasins par groupe d’environ 30 personnes et nous avons un temps limité. Voir les gens qui courent pour la nourriture fait vraiment peur… Vivre cela avec la peur doit être horrible !

Nous organisons la journée de manière à ce que les enfants aient deux heures de chinois le matin et deux heures et demie d’espagnol l’après-midi. Tout cela avec les prières, les repas et les choses domestiques fait que notre journée est bien occupée. 

Je travaille le matin pour mes clients chinois et l’après-midi pour les Espagnols. Demain, nous commençons le deuxième trimestre en ligne… Que le Seigneur nous aide !

Bien, frères et sœurs, il n’a pas beaucoup d’autres choses à dire, priez pour nous chaque jour, pour que le Seigneur nous soutienne.

La sollicitude des frères chinois

Nous allons tous bien. 

Aujourd’hui, durant la prière des laudes, nous avons lu votre message aux enfants et ils ont dit que ça ne leur pesait pas d’être à la maison, malgré qu’ils ne sortent pas depuis trois semaines. Ceci est sans aucun doute une grâce de Dieu.

Nous sommes sereins, les journées passent vite entre les devoirs des enfants et les activités (leçons de guitares, vaisselle, couture, dessins, etc.) : nous faisons tout avec un emploi du temps. Les enfants se divertissent et se fatiguent. Quand le moral est à terre, nous faisons un gouter spécial grâce à une énorme dépense de produits italiens (Nutella, jambon, fromage…) que les frères chinois nous ont donnée.

Nous sommes très touchés et nous avons de la gratitude envers Dieu de voir comment les frères chinois se préoccupent de nous. 

Ils nous ont apporté des fruits quand on n’en trouvait pas ; nous ont procuré les masques pour les enfants alors qu’ils sont introuvables ; ils nous envoient de l’argent pour faire les courses et ils nous demandent toujours comment nous allons. 

Nous avons aussi entendu des vieux amis et connaissances d'ici, tous très surpris et heureux de savoir que nous sommes encore ici avec eux.

Pour la messe, nous faisons tout en famille : nous lisons les lectures et les enfants partagent sur celles-ci. C’est très beau et ça nous aide. Le mercredi, nous étudions et prions la parole de Dieu. 

Nous espérons que cette situation se règle vite. Voyons comment elle ira et si nous réussissons à tenir l’épidémie sous contrôle. Les enfants vont réintégrer l’école bientôt à travers des vidéos-leçons, nous verrons comment ils sont en train de tout organiser et comment ça ira pratiquement.

Merci pour tout ce que vous faites pour nous. Une chaleureuse salutation.

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