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Coronavirus, crise de la quarantaine

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Photo: Free To Use Sounds/Unsplash

Ça fait deux semaines que je crois entendre parler comme vous rien que de ça. Partout, sur Facebook, les journaux, les jokes de nom de bière mexicaine de mes amis, au resto, bistrot, Plateau, alouette ! Ben quin ! Si c’est pas dans Le Verbe qu’on vous achale avec ça aujourd’hui !

Le coronavirus — alias COVID-19 — fait son entrée dans nos réalités entrainant à sa suite un vent de panique et une crise de la santé publique presque digne du cinéma. Certains scandent à l’exagération et à la manipulation médiatique. Possible, mais je vous expliquerai une autre fois comment Facebook m’a rendue anxieuse au boutte !

D’autres, plus frileux, choisissent le chemin de la précaution. Plus question de sortir. On va chercher tout ce qu’on peut chez Costco et on s’enferme jusqu’à nouvel ordre ! Rien à faire, l’isolement et la passivité sont les remèdes aux maux de l’humanité…

Évidemment, je concède que ce n’est peut-être pas le meilleur temps pour embrasser ses voisins et sa grand-mère à pleine bouche (ce qu’on fait quand même rarement selon les principes de l’Église catholique de toute façon).

L’anxiété contagieuse

D’abord, dans les lointaines contrées chinoises, puis, un peu plus rapproché, en Italie du Nord, j’accordais pour ma part peu d’importance à ce virus. Jusqu’à ce que ma sœur m’envoie un article expliquant qu’un « contaminé » de retour des Iles-où-y-fait-chaud-et-beau-plus-qu’icitte a ramené la petite bibitte en croisière dans le métro montréalais ! Là, petite montée de panique, petits calculs rapides. Ouf ! C’est beau ! J’y étais pas dans le métro ! 

Je me suis quand même demandé : à quand la quarantaine chez nous, irréductibles Québécois ? 

J’ai envie ici d’attirer l’attention sur le mot miracle des derniers jours, la « quarantaine ». C’est rare qu’on l’aborde comme le lieu de salut pour l’espèce humaine. 

Crise de la quarantaine

Habituellement, le mot est inséré dans l’expression « crise de la quarantaine ». La panique autour du coronavirus est comme celle que plusieurs d’entre nous vivent lorsqu’ils arrivent à la moitié espérée de leur vie. 

Il faut qu’un virus contagieux vienne ébranler la « toute-puissance » de l’humanité et du savoir de la médecine sur la nature pour qu’on remette tout d’un coup l’entièreté de notre mode de vie hyperactif et simultanément trop sédentaire et trop nomade en question et que toute la société appuie sur le bouton : PAUSE. Stop ! On arrête tout, Roger ! La mort imminente ça fait trop peur, moi je n’aime pas ça ! Allez, allez ! 40 jours de congé !

Et pourtant, étant remis devant notre finitude, nous, êtres vulnérables créés par la Main du Tout-Puissant, nous prenons soudainement conscience qu’on ne contrôle finalement peut-être pas grand-chose et encore moins notre anxiété.

Certains diront que c’est le mal, d’autres les lois de la nature, d’autres l’apocalypse. Quoi qu’il en soit, ce qui ne crée pas détruit et quand il s’agit de nous, ça dépeigne !

La quarantaine je disais donc. 

Pourtant ça fait déjà deux semaines que ma quarantaine à moi est commencée. Le mercredi 26 février, les Cendres ont fait entrer les catholiques dans ce grand temps liturgique du carême, lieu de prédilection où le Christ nous appelle à nous mettre à l’écart pour mieux écouter Sa Voix (et non La Voix). 

La véritable quarantaine

Il ne s’agit pas d’une validation de nos tendances à l’individualisme et à l’égoïsme, mais plutôt d’un appel à ne « rien » faire pour que lui fasse tout en nous.

Prière, jeûne, aumône, pas de Facebook, prier plus… Chacun a ses petits efforts de planifiés.

Et pourtant, le plus important ce sont ces 40 jours qu’on donne à Dieu entièrement, cœur, corps et âme ! Jésus a fait sa quarantaine dans le désert. 

Excusez mon humour, mais je me dis sérieusement que dans tout le brouhaha actuel, il me semble que tout le monde aurait bien besoin d’une petite « quarantaine » pour se retrouver face à soi-même. Surtout pour ceux qui prennent si peu le temps d’écouter ce qui compte vraiment dans le silence intérieur de cette vaste plaine qu’est le « cœur de l’Homme » (Jr 17,9).

Tout le monde aurait bien besoin d’une petite « quarantaine » pour se retrouve face à soi-même.

Bref, je ne sais pas si ce sera une grève ou le COVID-19 qui m’empêchera d’aller à l’école cette session-ci. Je crois, par contre, qu’il n’y a rien de mieux que quarante jours de désert intérieur pour nous laisser entourer par les bras grands ouverts de celui qui n’a peur ni de la mort ni des malades contagieux, le Christ, le remède qui fait de chaque petite vie un Grand Miracle ! 


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Marie-Jeanne Fontaine

Étudiante en sexologie, Marie-Jeanne chante, jase et écrit. Femme de cœur (elle essaye!), elle trace sa petite route dans le Grand Large du Bon Dieu. Vous la trouverez devant son piano ou dans sa cour arrière, au soleil, en train de faire fleurir ses idées entre deux éclats de rire et un café.

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