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L’Église s’oppose-t-elle à la science? Aubert Martin rétablit les faits

Science
Illustration: Judith Renauld/Le Verbe

Alors que l’Église catholique a été et est toujours une mécène importante pour la science, un cas particulier entache sa réputation : Galilée. Retour sur les raisons de la discorde entre la papauté et ce personnage aujourd’hui considéré comme un « martyr scientifique ». 

Avant Galilée, revenons sur un personnage trop souvent éclipsé: Copernic. Ce scientifique avait proposé deux révolutions (c’est le cas de le dire) : la rotation de la Terre sur elle-même et le fait qu’elle tourne autour du Soleil. 

Selon Aubert Martin, chroniqueur à On n’est pas du monde, Copernic est un exemple de la réunion de la science et de la religion : il était moine, pratiquant à tel point qu’il disait sa messe chaque jour. Les papes Clément VII et Paul III l’invitaient à poursuivre ses recherches.

En fait, ce sont les protestants qui à ce moment s’opposaient de manière virulente à l’héliocentrisme. 

C’est après Copernic que le conflit avec Galilée est survenu. Toutefois, bien que l’Église ait ses torts, c’est davantage le personnage de Galilée qui semble avoir été un problème. 

Le pape d’alors, Urbain VIII, trouvait les avancées de Galilée très intéressantes. Seulement, l’institution ecclésiastique a eu une approche beaucoup plus « scientifique » que Galilée: devant la nouveauté des théories, elle lui a demandé des preuves supplémentaires.

Le conflit

C’est là, selon Aubert, que le dérapage s’est produit. Galilée a empiété sur le territoire théologique : il remettait en question la lecture de certains passages de l’Ancien Testament. Devant cela, les théologiens se sont braqués. 

De plus, dans un livre commandé par l’Église qui avait pour but d’exposer les différentes hypothèses sur la révolution des astres, Galilée n’a pas respecté ses engagements en se moquant des géocentristes et en insultant le pape de manière masquée.

Devant les propos injurieux et l’attitude belliqueuse de Galilée, il n’a toutefois évidemment pas été décidé de le bruler. Il a été assigné à une résidence et forcé à renier ses théories. Là-dessus, d’après Aubert, l’Église aurait pu mieux juger de la situation.  

Antoine Malenfant, animateur de l’émission, a toutefois mentionné qu’il existe un antidote à cette fracture apparente entre la science et l’Église. Il s’agit de rappeler les nombreux chrétiens qui ont été des scientifiques.

Aubert a ainsi proposé une longue liste de chercheurs qui ont travaillé sur des sujets autant divers qu’avant-gardistes : les anneaux de saturnes, le nucléaire, le Bigbang et, au XVIIIe siècle, l’aviation. 

Un peu de science éloigne ne Dieu, beaucoup de science y ramène.

Louis Pasteur

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Ambroise Bernier

Même si Ambroise n’est pas un crack de l’informatique, nous avons décidé de lui confier l’édition Web : nos collaborateurs mettent entre ses mains leurs précieux textes. Courant chaque jour entre nos bureaux et l’université, il étudie présentement en littérature. Il sait toutefois décrocher un peu et se permettre une pause de lecture pour un café ou, encore mieux, une pause de semaine pour gravir les sommets de Charlevoix.

1 Comment

  1. La question est complexe.. . Du temps de ma lointaine jeunesse, j’ai lu un livre sur Galilée, publié par les Editions de Moscou. Il s’agissait donc d’un livre tout à fait matérialiste et athée, comme vous pouvez vous en douter. L’auteur expliquait que Galilée n’avait pas été poursuivi essentiellement à cause de ses thèses héliocenristes, mais pour des pamphlets essentiellement matérialistes et antireligieux qu’il aurait rédigé sous de faux noms.
    L’Église, en fait, s’est montré assez tolérante vis-à-vis de la constitution de l’astronomie moderne. Dans le cas de Galilée, elle aurait surtout, en le contraignant à abjurer la théorie héliocentrique, essayé de briser, au travers de cette thèse, la naissance de l’esprit “libertin”.
    J’ai entendu Marion Sigault, historienne catholique conservatrice, défendre l’idée que Giordano Bruno lui-même n’aurait pas été brûlé. Que cela ait été le cas ou non, il faut envisager la possibilité que l’Église ait poursuivi les penseurs comme Bruno, chez lesquels l’héliocentrisme étayait une pensée de type païen ou magique, de manière plus systématique que les propagandistes d’un matérialisme naissant dont elle elle-même avait du mal à évaluer la dangerosité.

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