martyrs
Les huit martyrs canadiens devant l'église Saint-Michel de Sillery.

Ces martyrs qui nous ressemblent

I would rather know of their vices and how they overcame them rather than just their virtues.
Je préfèrerais connaitre leurs vices et comment ils les ont vaincus plutôt que leurs vertus seulement.

– Le saint cardinal John Henry Newman à propos des saints de son temps

Dans de nombreux diocèses au monde, on retrouve une paroisse dédiée aux saints martyrs canadiens. Leur renommée s’est taillé une place près des grands saints et saintes du catholicisme, ce qui n’est pas peu dire. 

Jean de Brébeuf, Antoine Daniel, Noël Chabanel, Gabriel Lalement, René Goupil, Isaac Jogues, Jean de la Lande et Charles Garnier. Voici les noms des fameux martyrs canadiens, huit hommes : six prêtres, un frère et un donné. Certains sont plus connus que d’autres ; ils ont d’ailleurs laissé leur nom à des collèges et des écoles. 

La foi au pays des rocailles et des forêts serrées

À eux seuls, ils forment un pan de notre histoire ; et bien d’autres, avant et après, auront eux aussi permis au feu de la foi de naitre et survivre au cœur d’un pays de rocailles et de forêts serrées, un pays grand comme le monde où la froidure et la splendeur cohabitaient. 

Je ne désire pas m’arrêter, par manque de temps et d’espace, sur les faits et gestes de ces géants. Je laisse à d’autres le récit des horribles supplices dont a souffert le père de Brébeuf et l’immense amour du père Jogues pour le Nouveau-Monde, ainsi que l’histoire de leurs nombreuses fondations — que l’on pense seulement à Sainte-Marie-au-pays-des-Hurons. Mon intention dépasse le simple devoir de remembrance.

La différence des héros

En ce jour où l’on célèbre, ici, au Canada, leur mémoire, je souhaite simplement souligner que, tous martyrs qu’ils étaient au moment de rendre l’âme, ils n’en étaient pas moins des hommes de chair et d’os, avec leur tempérament, leurs faiblesses et leurs peurs. On ne nait ni saint ni martyr, on nait pécheur et on le reste. 

Toute la différence se joue lorsqu’on se laisse complètement pénétrer par la grâce dans notre vie concrète, dans la mission que le Seigneur nous confie. 

Toutes les hérésies, toutes les manifestations diaboliques, sont autant de refus de l’incarnation du Dieu-Trine en son Fils Jésus-Christ. L’histoire du salut est remplie d’hommes et de femmes qui ont laissé le Verbe de Dieu prendre chair en eux et les animer de son Esprit vivifiant.

Ce qui nous appartient aujourd’hui face à la situation sanitaire et la restriction des réunions dans nos églises, face à la tiédeur de certains de ses pasteurs et à un certain autoritarisme gouvernemental, c’est de continuer à nous battre, à prier les uns pour les autres, à faire intervenir la Miséricorde divine dans nos quotidiens ravaudés et à ne pas laisser les signes des temps nous abattre. Faire le choix du Dieu fait homme pour que l’homme devienne Dieu, plutôt que de l’homme qui se veut dieu sans Dieu. 

En ce sens, nous serons, tels nos martyrs nationaux, des témoins de l’amour de Dieu pour toutes les générations. 

Jean de Brébeuf, Antoine Daniel, Noël Chabanel, Gabriel Lalement, René Goupil, Isaac Jogues, Jean de la Lande et Charles Garnier, priez pour nous ! 


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Emmanuel Bélanger a étudié la philosophie et la théologie. Sa formation se ponctue de diverses expériences missionnaires au Caire, à Alexandrie, au Costa-Rica et à Chypre.

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