Découverte du vaccin contre la coronanxiété

Le coronavirus se répand partout dans le monde et propage avec lui un virus spirituel : la coronanxiété. Zoom sur cette autre épidémie qui attaque nos âmes plus que nos corps.

La courbe de coronanxiété

Avec la peur de la mort qui envahit les esprits, c’est une véritable épidémie de peur qui se répand. Alors que depuis quelques années, nous entendons parler d’« écoanxiété », depuis quelques semaines nous assistons à une nouvelle forme de pathologie sociale que l’on pourrait nommer la « coronanxiété ».

Trois facteurs aggravants peuvent expliquer que la courbe de coronanxiété augmente plus vite que celle du coronavirus :

  1. La surabondance médiatique à laquelle s’expose dangereusement plusieurs fois par jour un grand nombre de personnes.
  2. L’obsession pour la santé, la sécurité et le confort qui caractérise nos sociétés occidentales, centrée presque exclusivement sur les biens terrestres et corporels.
  3. La perte de la foi et de l’espérance chrétienne qui nous laisse seuls devant l’inconnue qu’est la mort.

Pour faire baisser la courbe de coronanxiété, les médecins psychiatres du Québec ont publié une liste de conseils pour garder la santé mentale pendant la quarantaine. Excellents « médicaments » qui peuvent atténuer les symptômes, ces conseils ne sont toutefois pas l’équivalent d’un vaccin capable d’immuniser contre notre peur fondamentale de la mort.

Le vaccin PROVID

Heureusement, les chrétiens ont découvert il y a des centaines d’années un puissant vaccin à la coroanxiété. Il se nomme PROVID.

PROVID pour Providence, vous l’aurez deviné.

Même si la Providence est une expression qui peut sonner vieillotte aux oreilles de certains, n’en demeure pas moins que la vérité qu’elle porte est éternelle. Car la Providence est cette réalité que le monde n’est pas voué à un hasard aveugle et froid ; que notre quotidien, et surtout le jour de notre mort, n’est pas lui non plus laissé à la chance ou à la malchance. Au contraire, notre vie et celle des autres sont guidées par la sagesse d’un Dieu bienveillant et tout puissant.

Un mal pour un bien

Alors que l’angoisse est une peur de l’inconnu, la Providence est une confiance dans le mystère. L’un craint le futur, l’autre espère l’avenir. L’un suscite la panique, l’autre la paix.

Mais la Providence est surtout cette idée que le mal est permis par Dieu seulement parce qu’il peut en tirer un bien. « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. » (Romains 8, 28) disait saint Paul. Et saint Augustin osait ajouter : « Même le péché ! »

Si le récit de Joseph vendu par ses propres frères dans la Genèse en est une illustration frappante, le plus bel exemple est certainement la mort de Jésus lui-même. Du plus grand mal de l’histoire, la mort injuste du Fils de Dieu, a jailli le plus grand bien, la rédemption de tout le genre humain.

Votre vie est elle aussi pleine d’exemples qui montrent ce principe suprême de sagesse. Prenez quelques minutes pour penser aux pires épreuves que vous avez traversées. Il est presque certain que vous découvrirez comment ils vous ont permis de grandir et de murir.

#çavabienaller

En ce sens, le hashtag de l’heure #çavabienaller est assez chrétien. Non pas que #çavabienaller sans aucun malade ni décès. Il y en aura c’est certain. Mais #çavabienaller parce que la Providence, ce dessein bienveillant de Dieu, nous assure que même si l’on ne peut pas toujours éviter les injustices, les souffrances et même la mort, le mal lui n’aura jamais le dernier mot.

Pour être sauvé, il suffit de ne pas paniquer, d’entrer et de demeurer dans l’arche avec sa communauté de vie. Les eaux de la mort finiront par diminuer et nous retrouverons la terre promise.

C’est tout le sens du mystère de Pâques que nous célébrons en cette Semaine sainte.

« Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. » (Romains 6, 9)

Pareil pour cet arc-en-ciel devenu le logo de fortune du confinement. Après tout, l’arc-en-ciel est le signe de l’Alliance établie par Dieu avec Noé qui fut confiné lui aussi 40 jours dans son arche. Pour être sauvé, il suffit de ne pas paniquer, d’entrer et de demeurer dans l’arche avec sa communauté de vie. Les eaux de la mort finiront par diminuer et nous retrouverons la terre promise.

S’exercer à mourir

Comme un vaccin, il faut à petite dose affronter sa peur. S’exposer en parlant et discutant de sa mort possible, prochaine et même certaine. Confronter sa peur de la mort en acceptant ses petites morts quotidiennes, en ne fuyant pas ses échecs et ses deuils. Car toutes ces morts nous sont justement données par la Providence pour nous préparer, pour nous exercer à mourir une bonne fois pour toutes.

Pour celui qui s’exerce ainsi chaque jour à mourir, #çavabienaller.

Car « Voici une parole digne de foi : Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. » (2 Timothée 2, 11)

Alors, joyeuse mort et joyeuse résurrection !


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Simon Lessard

Fourmillant d’idées novatrices, Simon s’est joint à notre équipe de rédaction pour faire grandir Le Verbe en taille et en grâce. Féru de philosophie et de théologie, il aime entrer en dialogue avec les chercheurs de vérité. Toute son essence est distillée en son totem scout renard amical et son personnage Disney fétiche : Timon!

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