Pentecôte
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Vers une nouvelle Pentecôte

La fragilisation de l’édifice ecclésial a entrainé des défaillances graves, tant du point de vue du comportement moral des chrétiens que de leur compréhension de la foi. Depuis le Second Concile du Vatican, toutefois, une solution a été mise sur pied à travers un renouvèlement de la vie spirituelle et un renouvèlement de la vie missionnaire, idéaux qu’a embrassés le Renouveau charismatique. 

L’intégrité du catholicisme est mise à rude épreuve aujourd’hui, et parfois atteinte. Intégrité morale, intégrité doctrinale, intégrité spirituelle : tous les aspects de la vie de l’Église sont soumis à de terribles pressions sociales, politiques, idéologiques et culturelles. Ces pressions viennent évidemment du monde extérieur, mais aussi de l’intérieur, de la communauté même des (pas toujours) fidèles. Ce double assaut sur la foi, la morale et la tradition fragilise dangereusement l’édifice ecclésial et compromet (ou à tout le moins complique) le projet rédempteur de Dieu pour notre temps.   

Il en résulte des défaillances graves, pas seulement sur le plan du comportement moral des chrétiens, mais aussi de leur compréhension de la foi, et surtout de leur vie spirituelle, parfois épouvantablement anémiée. Affaiblie par les scandales, les conflits entre progressistes et conservateurs et la perte du sens de Dieu (qui vient d’une absence de vie contemplative), l’Église peine à se rappeler d’où elle vient, qui elle est et où elle va. 

À s’intéresser trop aux bruits distrayants du monde, elle a désappris à écouter la voix d’un Dieu qui le plus souvent murmure. 

Il n’y a pas de doute que la nouvelle Pentecôte s’est produite, et qu’elle continue à se produire, là où les chrétiens n’hésitent pas à invoquer l’Esprit saint.

Elle ressemble trop souvent à une brebis envoyée au milieu les loups, qui n’entend plus que les hurlements de la meute, et qui est tétanisée par la peur. À moins qu’elle ne s’enthousiasme ouvertement pour toutes sortes de projets politiques ou de société qui n’ont que trop peu à voir avec sa mission première, au point de dilapider ses maigres ressources dans des combats qui ne sont pas d’abord les siens. Son aliénation va tellement loin parfois, qu’elle apporte son concours à des projets politiques qui la mettent elle-même en péril (par exemple l’utopie marxiste, durant les années 60 et 70).      

Vers le renouveau

Ceux des catholiques qui partagent un tel constat tentent depuis des décennies d’apporter une solution à cette situation désespérée. La première et la principale solution proposée jusqu’à ce jour est celle que les papes successifs ont mise de l’avant depuis le Second Concile du Vatican, et qui comprend deux volets complémentaires, l’un contemplatif, l’autre actif. D’une part, elle implique un renouveau de la vie spirituelle, à travers l’expérience d’une nouvelle Pentecôte et, d’autre part, un renouveau de la vie missionnaire, à travers le projet d’une nouvelle évangélisation. 

Il n’y a pas de doute que la nouvelle Pentecôte s’est produite, et qu’elle continue à se produire, là où les chrétiens n’hésitent pas à invoquer l’Esprit saint. L’histoire du renouveau charismatique catholique le prouve brillamment. Par lui, Jésus a répandu son feu sur la terre. Ce renouveau a, bien sûr, connu de regrettables dérives, mais il n’y a rien là de très étonnant à vrai dire. Là où Dieu se manifeste avec puissance, le combat spirituel à livrer pour sa gloire est sans merci… et nous le perdons parfois. 

Mais là où nous sommes vainqueurs, c’est-à-dire là où les missionnaires savent rester petits et humbles devant l’œuvre de salut qui s’opère en eux et par eux, là où la joie d’être sauvé se transforme en zèle renouvelé pour l’évangélisation, là où la charité divine se répand dans les cœurs éperdus, en quête de plénitude, là où les âmes ont la grâce de vivre une rencontre avec Jésus, mystérieusement présent, mystérieusement vivant, mystérieusement agissant dans les profondeurs, le renouveau charismatique remplit adéquatement son rôle. 

La plus grande contribution du Renouveau charismatique à la vie de l’Église a été de nous faire redécouvrir la troisième personne de la Trinité, qui avait été quelque peu oubliée par une chrétienté à bout de souffle. 

Par une nouvelle effusion de l’Esprit, c’est-à-dire une invocation et une acquisition renouvelée de l’Esprit, nous recevons le don le plus précieux : celui d’une relation vivante avec Dieu. Et par cette relation vivante, toute la vie chrétienne est transfigurée. Le désir de Dieu, d’une belle liturgie, d’une lecture priante de la Parole, la compassion pour les pauvres, tout est revivifié.     

Quelques suggestions de lecture

Est revivifié aussi le gout de la mission, du témoignage, de l’annonce, qui est le deuxième volet de la réponse pontificale et ecclésiale à la crise que nous vivons. Mais en ce temps de préparation à la fête de la Pentecôte, il est opportun de s’attarder sur le premier volet : le renouveau dans l’Esprit. Une bonne façon de le faire est de (re)découvrir l’histoire des débuts du Renouveau charismatique catholique, en lisant l’un ou l’autre des ouvrages ayant accompagné le développement de ce mouvement. Voici donc, en terminant, quelques suggestions de lecture.

Le Renouveau charismatique catholique a été influencé, à l’origine, par celui qui s’est produit dans le monde pentecôtiste. Un livre en particulier a attiré l’attention des catholiques en quête de revitalisation : The Cross and the Switchblade (1963) (traduction française : La croix et le poignard), du pasteur David Wilkerson. 

Une fois débuté le Renouveau dans l’Église catholique américaine (à l’Université Duquesne de Pittsburgh, en 1967), des témoignages et des études du phénomène ont commencé à apparaitre dans les rayons des librairies. Parmi eux, on peut signaler le témoignage de K. et D. Ranaghan, intitulé Catholic Pentecostals (1969) (traduction française : Le retour de l’Esprit). 

La hiérarchie ecclésiale s’est très vite intéressée à cette nouvelle flambée de ferveur. Si bien qu’en 1974 paraissait un ouvrage important du cardinal L.-J. Suenens intitulé Une nouvelle Pentecôte ? Enfin, il faut faire mention du témoignage époustouflant d’Émilien Tardif paru dans les années 80, Jésus a fait de moi un témoin, qui est une sorte de nouvel Évangile relatant quantité de miracles, et qui se présente comme une excellente thérapie pour ceux qui « souffrent » de rationalisme aigu.     


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2 Comments

  1. Fausse route. Juste à voir les chrétiens quitter ce type de christianisme. Ne faut-il pas aller voir ceux et celles qui ont vécu ce type de parcours pour mieux saisir. Faire un tour à la Chapelle. La Trinité n’est pas quelque chose que l’on peut dissocier à guise. Anyways. Je pense que la route à prendre pour quelque qui vit dans un rationalisme aride est de comprendre ses émotions de manière raisonnée et de les guider tout simplement. C’est toute la question du désir. Le pentecôtisme, c’est du sentimentalisme pur. Pas de désir, mais des émotions à fleur de peau. Ce n’est pas un mouvement qui sera en mesure de durer dans le temps.

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