Le Baptiste et l’Incarnation

Que le tout-Canada s’intéresse soudainement

au baseball a quelque chose d’attendrissant.

Tu me diras : « j’suis ça depuis longtemps,

moi, le baseball ». Je te croirai. Même quand tu mens.

Car confessons-le, ce n’est pas un péché,

nous suivons le baseball-en-général

comme nous suivons le baseball-en-particulier.

La saison est une métaphore de la partie :

Pas possible d’être assidu, ni de rester assis.

Pour la partie, on se lève pour quérir une broue,

puis on revient à sa place pour constater

qu’on a manqué le seul coup sûr de la soirée.

Pour la saison, on allume la tivi

quand la seule équipe du pays

nous donne plus d’émotions

qu’en deux mois d’élections.

Sinon, on regarde les nouvelles,

ou Guy A.

Ou Le Banquier à TVA.

Donc, quand vous me dites que vous êtes

« un fan des Blue Jays pure race »,

je hoche de la tête

et je souris un peu, dans le coin de ma face.

Ceci dit, un fait apparemment anodin

a retenu mon attention.

Est-ce un clin d’œil divin?

Ironie du sort ou cléricale conspiration?

Les sauveurs de la « nation »

hier soir s’appelaient

Bautista et Encarnación.

 

Antoine Malenfant

Rédacteur en chef pour Le Verbe médias et animateur de l’émission On n’est pas du monde, Antoine Malenfant est diplômé en sociologie et en langues modernes. Il carbure aux rencontres fortuites, aux affrontements idéologiques et aux récits bien ficelés.

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