Sans spectateurs

Le sport professionnel est souvent qualifié, à raison, de spectacle. Une bonne partie du divertissement provient de l’ambiance des arénas, de la nourriture, de la musique, des applaudissements et des huées, des mésaventures de la mascotte ou du trompettiste (chapeau bas au mythique Claude Scott).

Arrive une pandémie. Qu’arrive-t-il lorsque l’auditoire devient essentiellement celui des amateurs derrière leurs écrans ? L’avantage du match à domicile disparait. L’absence du fameux 12e joueur laisse un vide flagrant. (L’expression anglaise « the 12th man » fait référence aux sports où chaque équipe doit habiller 11 joueurs sur le terrain et où l’impact d’une foule locale enthousiaste donne un réel avantage numérique émotionnel.)

Il y a ceux qui aiment pratiquer les sports, mais pour qui les regarder devient ennuyeux. Je préfère moi aussi jouer au soccer ou au football, mais j’éprouve également un plaisir à regarder la Coupe du monde ou un match de 13 h de la NFL (les seules parties que je peux encore regarder en direct de l’autre côté de l’Atlantique).

La joie est encore plus grande lorsque l’on peut y prendre part en personne. Pour l’atmosphère dans un amphithéâtre, mon top 5 personnel se dessinerait comme suit :

  • Stade de baseball Canac (Capitales),
  • Stade Telus (Rouge et Or et Frizy Glue, mon ancienne équipe de Ultimate Frisbee),
  • Stade de l’armée polonaise (Legia),
  • Lincoln Financial Field à Philadelphie (Eagles) et
  • Colisée (Nordiques, en espérant que le meilleur est à venir !).

Quel est le vôtre ?

* * *

La réalité est-elle la même dans les temples religieux ? Pendant la période de confinement du printemps dernier liée à la COVID-19, les liturgies se sont poursuivies, sans assemblée. Ceux qui ont voulu les vivre à distance l’ont fait par le Web, la télé ou la radio. Une occasion en or pour nous poser la question : lorsque je participe à un baptême, à des funérailles, à la messe de minuit à 19 h 30 ou à la messe du dimanche, suis-je un simple spectateur ?

Trop souvent, nous assistons à la cérémonie. Pour une durée hautement variable, nous sommes ailleurs en pensées. L’acte de présence demeure en soi un geste positif, mais a-t-il un sens ?

Sans une participation active du corps et de l’esprit, nous méritons bien les sarcasmes des amuseurs publics et l’incompréhension des observateurs. Lorsqu’une assemblée est priante, elle appelle au respect. Et du respect peut surgir le désir de mieux comprendre la source de cette paix et de cette joie qui rayonnent.

Les catholiques portent un trésor que beaucoup peinent encore à saisir, celui de la Présence réelle de Dieu grâce à une consécration qui dépasse de loin celle de tous les exploits sportifs : l’eucharistie. Et cette communion nous interpelle à quitter notre banc dans toutes dimensions de notre vie.

P.-S. — Un top 5 en appelle toujours un autre. Je vous partage celui des lieux de culte les plus importants de mon parcours de foi :

Quel est le vôtre ?


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Cet article est tiré du numéro de septembre 2020 du magazine Le Verbe. Cliquez ici pour consulter la version originale.

Jasmin Lemieux-Lefebvre vit en Pologne avec son épouse et ses enfants et travaille comme consultant en communication. Il ne rate jamais un match des Eagles de Philadelphie… sauf si ça tombe durant la messe.

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