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Comment (ne pas) survivre à ses enfants

Paradoxalement, ce temps de désorganisation nationale « impose » à plusieurs parents d’avoir leurs enfants à la maison. Pour certains, cela n’implique que quelques marmots de plus à accueillir dans un quotidien de mère au foyer. Pour d’autres, il s’agit d’un réel bouleversement, en plus d’un générateur supplémentaire d’anxiété. 

Je vous propose donc ici quelques trucs pour vous aider à passer ce temps indéterminé avec toute votre marmaille à la maison !

Mettons d’abord quelques petites choses au clair :

  1. Le titre de cette chronique. Le mot survivre se définit par « vivre au-delà de… » : je ne souhaite à aucun parent de survivre à ses enfants. Au fond, ce que je propose, c’est surtout de réapprendre à vivre avec nos enfants, au moins pour quelque temps. Une sorte d’antiguide au quotidien trop organisé. 
  2. Je suis vraiment une mère poche. Je sais être très aimante et même douce par moments, mais je ne joue pas: je suis comme ça. Ça me prend tout mon petit change pour m’assoir avec mes gars pour leur apprendre à jouer à UNO. Et pour être complètement honnête, je ne le fais que parce que je sais qu’ils seront ensuite capables d’y jouer ensemble sans aide. Sans moi. L’article qui suit ne se veut donc aucunement prétentieux. 

Apprivoiser l’ennui

Les enfants sont tellement surstimulés et pris en charge dans leur routine à l’école et à la garderie que l’ennui les guette à la maison, sans horaire réglé à la minute près. J’ai eu la tentation, hier, de me faire un horaire détaillé de ma semaine, pour me donner l’illusion qu’on serait organisés. J’avais à peine pris mon crayon que l’absurde de la chose m’a sauté en pleine face. 

Alors j’ai plutôt fait une liste d’activités que les enfants aiment faire, font souvent ou pas souvent : jeux de société, idées de bricolage (nécessitant ma supervision… ou pas !), tâches ménagères (tant qu’à y être !) faciles à faire pour eux, repas auxquels ils peuvent participer à la préparation, etc.

Mais mon plus grand allié pour les semaines à venir ne se trouve pas sur ma liste : mon meilleur ami sera l’ennui. 

« J’ai rieennnn à fairrre ! ». Ma phrase préférée.

Mon meilleur ami sera l’ennui. 

Parce que c’est toujours de là que sortent les jeux de rôles et d’imaginaire les plus farfelus, les plus sérieux et les plus durables. Quelques LEGO, quelques PLAYMOBIL, quelques figurines d’animaux ou des voitures miniatures (oui, j’ai juste des gars…) et le tour est souvent joué !

Vous voyez, présentement, ils jouent aux (maudits) Pokémon, avec des cossins qu’on a reçus quand on n’a pas assuré sur notre carême de McDo la semaine passée… Et des fois, je l’avoue avec un peu de honte, ils jouent pendant des heures à la Pat’Patrouille. J’haïs ça parce que c’est commercial, parce que ça enlève un peu de sens à notre maison-sans-télé, parce que c’est pas instagrammable. 

Mais dans le fond, ils jouent. Alors tant pis pour mes idéaux d’enfants qui s’amusent avec des poupées en macramé. 

Désencombrer pour mieux régner

Mais la première étape de ma semaine (qui sera probablement à répéter aux deux jours maximum), ce sera de faire un ménage de la salle de jeux. Avec les enfants. 

Parce que chaque fois qu’on s’y met, les moments de jeu sont plus sereins après. 

Les enfants « découvrent » des jouets qu’ils ne voyaient plus dans le désordre ambiant. Et moi je redécouvre le plancher de cette pièce : tout le monde y gagne !

On en profitera aussi pour faire un tri : les jouets à donner, ceux qu’on veut garder, et ceux qu’on mettra de côté pour assurer une rotation dans les prochaines semaines, pour se donner l’impression qu’on a du nouveau sans rien acheter (un des sentiments préférés de la consommatrice-gratteuse en moi).

Un peu d’air frais

Tant qu’on pourra, on sortira aussi dehors au moins une fois par jour, jouer au hockey dans la rue, se mouiller dans les montagnes de neige qui fond, prendre une marche, etc. 

Et des fois, quand j’aurai d’autres choses à faire, les deux plus vieux sortiront tout seuls dans la cour. Je jetterai un coup d’œil une fois de temps en temps pour être sure qu’ils ne sont pas tombés dans le ruisseau à côté de la maison… 

L’art de ne rien faire

Mais on va surtout s’obliger à rien. 

Surtout moi, en fait. Je vais me donner une tâche à faire dans la maison par jour, juste pour m’assurer qu’on a encore du linge à se mettre sur le dos vendredi. 

Comme ça, j’aurai peut-être du temps pour aimer faire des casse-têtes de dinosaures ou de la pâte à modeler.


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Florence Malenfant

Détentrice d'un baccalauréat en histoire de l'art à l'université Laval et d'un certificat en révision linguistique, Florence a une affection particulière pour le bouillon de poulet et un faible pour la littérature russe!

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