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Petites pousses

Après avoir fêté la résurrection du Christ en touchant presque au Ciel, on est retombés les deux pieds sur la terre assez vite. Le matin de Pâques, on reçoit un texto de notre couple d’amis, Claire et Thomas, qui nous annonce que Charles, le père de Thomas, âgé de 85 ans, a déménagé chez eux depuis mardi.

J’aime Charles. Depuis toujours.

Même si, depuis toujours, il ne croit pas en Dieu, ou si peu, même s’il me met en pleine face les scandales de mon Église. Même s’il nous est arrivé deux fois plutôt qu’une de nous crêper le chignon sur la religion, la politique, le sens de la vie, l’économie et tout le reste. Je l’ai toujours aimé. Il est de la famille. Il est à toutes nos fêtes. Je l’ai toujours aimé parce que son cœur est plus grand que tout le reste. Et lui aussi, il m’a toujours aimé, avec ma foi, ma fougue, mon histoire, ma conversion, et ma grande gueule. 

Pourquoi n’était-il plus à sa résidence ? C’était parfait pour cet homme indépendant, intelligent et si vif d’esprit. 

Quand on est sorti marcher, on est passés par chez nos amis pour prendre des nouvelles, de trottoir à balcon. 

Je voyais Charles par la fenêtre, dans sa chaise roulante, tout sourire. On s’est envoyé la main. Je lui ai même fait une petite danse en chantant « Il est vraiment ressuscitééééé ! » Il riait. 

Le retour et les nouvelles pousses

Appuyés sur la rambarde, nos amis nous ont raconté que mardi passé, Charles est tombé dans sa douche. Pas capable de se lever. Ni d’appeler. Quand on est venu lui porter son repas, ça faisait trois heures qu’il était là. Après, ils se sont rendu compte que Charles dormait dans un lit infesté de punaises. 

J’en ai eu pour trois jours avant de m’en remettre.  

Le soir, sur Skype, Charles était assis dans son fauteuil, au milieu du salon, entouré de Thomas, Claire et de leurs trois enfants. 

– Comment ça va, Charles ?

– Comment veux-tu que ça aille ? Au milieu de mes enfants comme ça… Je suis aux anges ! 

Je ne lui dirai pas, mais je trouvais qu’il avait l’air du Ressuscité en personne, comme baigné de lumière et d’amour.

Jamais je ne l’ai vu sourire autant. Je ne lui dirai pas, mais je trouvais qu’il avait l’air du Ressuscité en personne, comme baigné de lumière et d’amour. 

Il a fêté Pâques comme jamais, lampion à la main dans une vigile pascale de salon. Il a découvert des prêtres de feu, entendu des homélies lumineuses qui, sans ce virus, sans cette chute dans la douche, seraient restés inconnus. Depuis mardi, il participe à la prière en famille. Le matin de Pâques, son troisième fils a appelé, celui qui ne donnait plus signe de vie. Depuis mardi, c’est Thomas qui le lave. Et pas juste les pieds.

On s’est montré nos semis qui poussent chacun dans nos salons. C’est pour notre jardin commun. 

La vie prend déjà. Des pousses de tomates, de concombres et de courges. La vie reprend toujours. Des pousses de pauvreté, de pardon et de foi. 


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Brigitte Bédard

Brigitte Bédard est journaliste indépendante depuis 1996. Elle vient de publier « J’étais incapable d’aimer. Le Christ m’a libéré » (Éditions Artège), son témoignage de conversion franc et direct.

2 Comments

  1. Bonjour Brigitte,

    Dans un premier temps, félicitations pour tes articles que je lis dans la revue Le Verbe dont je suis un membre et lecteur.

    Mon nom est René Labelle et je suis un ancien ami d’Hugues. Nous avons collaboré ensemble plusieurs années lorsque j’étais AVSEC au Collège Durocher St-Lambert.

    J’aurais une faveur à te demander. Étant à la retraite depuis cinq ans et Président fondateur de l’Association des amis d’Etty Hillesum au Québec je voudrais te faire parvenir un article concernant la démolition d’un logement où Etty Hillesum a écrit son journal personnel.

    En fait, j’essaie de rejoindre quelques personnes (jounalistes) qui seraient intéressés à publier cet article.

    Tu as mon nom et adresse courriel.

    Si tu es intéressé faudrait que je t’envoie l’article que j’ai écrit.

    Merci de ta collaboration.

    René Labelle.

    • Bonjour René, je me souviens bien de vous.

      Merci pour votre belle attention.

      C’est un sujet fort intéressant, mais je ne peux pas, moi, publier ce texte. Pourquoi ne pas vous adresser à la rédaction du Verbe? Eux pourraient très bien vous diriger le cas échéant.

      Je pourrais communiquer avec vous si vous y tenez, mais je n’ai pas votre courriel… Vous pouvez passer par Le Verbe ; il me feront suivre votre courriel.

      Hugues vous salue!

      Amicalement,

      Brigitte

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