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Les enfants de Dieu

Très intéressante cette liste de dieux-obstacles qui empêcheraient les enfants de cette génération de rencontrer Dieu! Cette liste est tirée d’un livre auquel Sophie Tremblay a collaboré et que Jonathan Guilbault recense dans son blogue.

En lisant, j’ai eu envie d’en ajouter quelques-uns. Bien sûr, je n’ai ni le style, ni les arguments, ni la formation de cette théologienne, mais j’ai mes petites expériences personnelles.

Un Dieu effrayant

Détrompez-vous, il ne s’agit pas du Dieu colérique d’une autre époque. Le dieu dont je vous parle ici est plus moderne. Une jeune fille de 15 ans que mon ainée connaissait lui racontait qu’elle tremble de peur chaque fois qu’elle passe près d’une église. Bizarre, n’est-ce pas? L’explication de la jeune fille était simple : dans beaucoup de films d’horreur qu’elle consomme à l’excès, on utilise les lieux de culte, les rites, la musique et les symboles chrétiens pour susciter l’effroi. C’est vrai qu’Exorciste, La conjuration et Le bébé de Rosemary, ça ne donne pas le gout de Dieu.

Un Dieu schizophrène

Il s’agit du Dieu du dimanche qui n’a pas de rapport avec nos journées du lundi au samedi. Toutes nos semaines sont centrées sur la recherche d’un bonheur sans Dieu. C’est-à-dire qu’on préfère les dieux de la consommation, de l’affection, du succès, des activités de loisir, de l’accomplissement, de la sexualité, du sport, etc. Et puis quand arrive le dimanche, en bon-chrétien-qui-a-besoin-de-soulager-sa-conscience, le Dieu du dimanche réapparait, le temps de se déculpabiliser. Les chrétiens qui le suivent ont une double vie. Rien d’interpelant.

Un Dieu des parfaits

Ce Dieu-là habite chez les chrétiens qui ne se remettent jamais en question. Avec un large sourire hypocrite avec un doigt qui prétend défendre la vérité, ils ne ratent pas une occasion de pointer celui qui est différent ou qui ne rentre pas dans les rangs. Aucune chance pour le pauvre, le dépendant, le faible. Ils se croient gentils, généreux et du bon côté. Ils ont l’air de faire du bien dans notre monde. Les chrétiens de ce Dieu-là s’apparentent aux pharisiens d’autrefois : ils imposent de lourds fardeaux et toutes leurs bonnes actions ne visent qu’une seule chose : être remarqué. Ils ferment à clé le royaume des cieux aux hommes (cf Mt 23). Quel jeune voudrait d’un Dieu comme ça?

Un Dieu sans conviction

Celui-là, personne ne le connait. Du moins, publiquement. Mais il est très proche du Dieu embarrassant. Dès qu’on aurait une occasion d’en parler, on tourne les talons et on prend ses jambes à son cou. Lorsque quelqu’un est dans la détresse, on n’ose pas prononcer son nom. C’est sans doute ce Dieu qui est l’obstacle le plus important pour les enfants de cette génération parce qu’ils n’en ont jamais entendu parler. Et personne ne témoigne de lui. Ceux qui le suivent ont peur du jugement des autres.

 ***

J’en connais bien d’autres : le Dieu qui manque de temps, celui qui laisse des enfants crever de faim ou le Dieu absent.

Tous ces dieux-là, je les connais bien. Malheureusement, je fais souvent appel à eux. Eh oui! Je dois reconnaitre que je suis parfois la parfaite, la schizophrène ou la sans conviction.

Heureusement, par une grâce que je ne mérite pas et que je ne m’explique pas, je connais aussi le Dieu de la miséricorde. Celui-là sait tout de moi : il sait que je récupère souvent ses actions à mon compte pour m’enorgueillir, il m’a vu manger mes émotions en cachette pour camoufler ma colère, il connait mes pensées intimes, envieuses que je cache derrière une belle image de chrétienne accomplie.

Mais ce Dieu-là est toujours accueillant. Il ne connait pas l’existence du mot « remontrance ». Personne ne sait comme lui ce qui se cache dans mon cœur. Il sait bien que j’ai recours à tout bout de champ à d’autres Dieux qui font briller leurs atouts trompeurs. Et pourtant, il m’aime tel que je suis. Avec mes méchancetés, mes égoïsmes et mes aveuglements.

Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs.

– Rm 5, 6-8

Et ce soir, en ce début de carême, verglas ou pas, je cours à sa rencontre pour l’entendre me dire pour la millième fois, « Je t’aime et je te pardonne tous tes péchés. Relève-toi et choisis la vie! »

Enfants de ce siècle, même si vous l’ignorez, même si vous avez été aveuglé par tout un tas de faux dieux ridicules et sans force, sachez que le Dieu de Jésus-Christ a donné sa vie pour vous dire son amour. Et que jamais il n’arrêtera de nous aimer.

Jérusalem disait : ‘’Le Seigneur m’a abandonnée, mon Seigneur m’a oubliée.’’ Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai jamais. Car je t’ai gravée sur les paumes de mes mains.

– Is 49, 14-16

Après des années de collaboration à l’Informateur catholique, Sophie Bouchard prend les rênes en 2010 et s’empresse de les remettre à l’Esprit Saint. Elle aime d’ailleurs nous rappeler que le patron, ce n’est pas elle, c’est Lui! Si Sophie peut commenter à foison la Parole de Dieu, c’est d’abord son feu pour l’évangélisation qui étonne.

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