voix
Photo : Saray Jimenez / Unsplash, détail

La petite voix de la voie

Un texte de la Sœur Catherine Aubin

Si on vous dit les noms de Beyoncé, Félix Leclerc ou Fred Pellerin, spontanément vous entendez non seulement des airs de leurs chansons, mais aussi le timbre de leurs voix.

Le son de notre voix est unique au monde. Il n’existe pas deux personnes dans l’univers qui possède le même timbre de voix.

Murmurer ton nom

De quelle façon nos proches prononcent-ils notre prénom ? Quand il est dit avec affection, notre prénom nous fait croitre et devenir. Lorsque notre nom est murmuré avec amour, nous devenons vivants et c’est un écho de la façon dont Dieu veut s’adresser à l’humanité. Car « Dieu est totalement épris d’amour pour nous. C’est comme s’il avait oublié le ciel et la terre et qu’il n’avait rien d’autre à faire que de s’occuper que de nous seuls. » (M. Eckart)

Avons-nous pris conscience que nous ne serions sans doute pas là aujourd’hui si des femmes et des hommes avaient bouché leurs oreilles ? S’ils avaient résisté à cette voix intérieure ?

Par exemple Jérôme Le Royer, laïc, marié, au 16e siècle en France, à la Flèche, entend une parole intérieure qui l’appelle à fonder une ville sur l’ile de Montréal selon l’esprit des Actes des Apôtres et à y établir un hôpital.

Au cœur de notre cœur, au plus profond de nous, cette voix de Dieu dynamise, stimule et fortifie. Elle nous fait franchir les obstacles de la division et du mensonge.

Au prix de persécutions, de doutes et d’épreuves, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour arriver à concrétiser cette parole et ce rêve de Dieu sur Montréal. Il disait : « Je sais que c’est l’œuvre de Dieu et qu’il le fera, mais comment je n’en sais rien. »

Et aujourd’hui, nous, nous sommes là.

Un autre exemple, le saint frère André, au siècle dernier. Un être faible et chétif, presque analphabète, que sa congrégation confine à la porterie. Un désir le talonne sans cesse : construire une chapelle à saint Joseph.

Au prix de violentes persécutions et d’oppositions, frère André, cet humble portier suivra cette voix et sa voie ; bâtir un oratoire qui deviendra le plus grand centre de pèlerinage au monde consacré à saint Joseph.

Chacun son chemin

À chacun sa grâce ; à chacun son chemin.

Heureusement il ne nous est pas demandé d’être Jérôme Le Royer ou frère André. Il nous est demandé d’être nous-mêmes, de suivre notre chemin personnel et de ne pas éteindre le souffle intérieur de notre cœur.

Cette voix parle continuellement et il en va de notre responsabilité d’ouvrir nos oreilles intérieures et d’écouter ce souffle divin qui murmure à chacun, de façon particulière et unique. Cette voix est toujours brève, simple, claire et lumineuse. Aucune complication, ni confusion, ni agressivité ou rancune.

Au cœur de notre cœur, au plus profond de nous, cette voix de Dieu dynamise, stimule et fortifie. Elle nous fait franchir les obstacles de la division et du mensonge.

Être dans et sous ce souffle divin au quotidien, c’est grandir dans la confiance en Dieu, dans la bienveillance pour ses sœurs et frères et dans l’émerveillement de sa grâce en nous. Être instrument de docilité et de bonté pour nos sœurs et frères, c’est accepter de laisser ces projets et ces certitudes, pour entrer dans une autre perspective, celle de notre Dieu.

Ne plus faire des œuvres qui nous mettent au premier plan, mais devenir un chef-d’œuvre entre les mains de Dieu et devenir ainsi joie vivante et porteur de paix.  


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