Marie Rivier
Illustration: Marie-Hélène Bochud

Marie Rivier, 1768-1838

Marie Rivier, Marinette pour les intimes, nait à Montpezat-sous-Bauzon le 19 décembre 1768. À l’âge de 16 mois, une chute la paralyse pendant 4 ans. Faute de mieux, sa pieuse maman la dépose tous les matins aux pieds de la Pietà dans la petite chapelle grise et froide du village, implorant sa guérison. Autre temps, autres mœurs!

Et pourtant, loin de s’en plaindre, l’enfant ajoute sa pétition à celle de sa mère:

« Sainte Vierge, guéris-moi. Si tu me guéris, je te ramasserai des petites; je leur ferai l’école et leur dirai de te bien aimer. »

Il semble que la supplique trouve une oreille attentive et elle obtient la guérison. Marinette tient parole (heureusement!), mais non sans embuches. À 18 ans, on lui refuse l’entrée d’un couvent en raison de sa santé fragilisée par quatre années de paralysie. En réponse, elle ouvre une école pour jeunes filles et fonde son propre couvent, dix ans plus tard, sur fond de Révolution française.

Alors que les portes des congrégations ferment les unes après les autres, Marie Rivier et ses quatre compagnes d’origine font leur première consécration le 21 novembre 1796. Et que fête-t-on à cette date? La Présentation de Marie au Temple, qui donnera son nom à cette congrégation, les Soeurs de la Présentation de Marie.

À sa mort, le 3 février 1838, elle laisse plus de 350 sœurs réparties dans 141 maisons et une œuvre d’éducation et d’accueil des plus pauvres qui se poursuit encore aujourd’hui. Elle fut béatifiée en 1982 puis canonisée en 2022. Quel parcours pour une fillette tombée du lit à 16 mois!

Jessye Blouin

Happée très tôt dans l’univers des mots, Jessye Blouin écrit depuis toujours. Diplômée en linguistique et rédaction, son parcours professionnel éclectique l’a pourtant menée bien loin de sa passion. Elle accueille aujourd’hui Le Verbe comme un cadeau et réalise son rêve de petite fille : éditer et écrire à temps plein.