Ce que femme veut


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Près de la moitié des femmes regrettent d’avoir eu moins d’enfants que ce qu’elles auraient désiré. Et l’autre moitié, celle qui a atteint le nombre souhaité, se sent plus accomplie. C’est ce que révèle une étude menée pour le compte de l’Institut Cardus (2023) par le montréalais Lyman Stone. Le démographe a colligé et analysé des données recueillies auprès de 2700 répondantes de 18 à 44 ans.

Sans aucun doute, ceux qui prétendent avoir à cœur les intérêts des femmes et des familles – conjoints, employeurs, décideurs – devront dorénavant porter attention à ces données.

C’est quand même fascinant qu’après soixante ans de luttes féministes, la situation ait basculé de «je veux moins d’enfants pour avoir une carrière» à «j’aurais aimé avoir plus d’enfants, mais ma carrière ou mon conjoint ne me le permettaient pas».

Dans la même veine, je demeure hanté par cette histoire recueillie l’autre jour par mon épouse au creux d’une confidence. Une femme a quatre enfants, mais en aurait souhaité davantage. Son mari arrive un jour à la maison et lui annonce la surprise: il s’est fait vasectomiser. Son corps, son choix, me direz-vous. Peut-être. Mais affirmer cela n’efface en rien l’amertume et la petite violence de cette trahison.

Maternités sacrifiées

Rapport accablant du Sénat canadien. Au cours des dernières années, plusieurs femmes issues des Premières Nations ont été stérilisées à leur insu ou de manière coercitive par des médecins assez brillants pour se substituer à la conscience de leurs patientes.

Qu’est-ce que ces femmes voulaient vraiment pour la suite de leur vie procréative? Difficile à dire. Surtout si l’on omet de leur demander avant de faire la ligature.

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Un peu plus tôt cet hiver, la skippeuse française Clarisse Crémer a perdu le soutien du principal commanditaire de son voilier, la Banque Populaire.

Pourquoi un tel changement de cap? La navigatrice de 33 ans vient de devenir mère.

Si l’on peignait une fresque à partir de cette saga sportivo-économique, elle serait Le radeau de La Méduse de notre siècle: le turbo-capitalisme – banquiers en poupe – est toujours prêt à larguer les femmes en mères…

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Je me souviendrai longtemps de notre dernière veille de Noël. Des infirmières, des auxiliaires, des médecins – toutes des femmes – s’activaient autour de notre petite B. pour qu’elle vive. Leurs compétences techniques de pointe jumelées à la délicatesse de leurs soins ont eu raison du mal qui menaçait l’enfant. Paradoxalement, pour y parvenir, elles devaient être loin des leurs au réveillon.

Le personnel de la maternité est plein de maternités sacrifiées.

Donner la vie

Ce que femme veut, Dieu le veut. Il y a un épisode dans l’évangile de Matthieu d’où cette maxime populaire tiendrait possiblement son origine. Une Cananéenne, perçue comme mécréante par les Juifs à l’époque, voyant le Christ passer devant elle, se met à hurler pour qu’il sauve sa fille tourmentée par un mal obscur. «Jésus répondit: “Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux!” Et à l’heure même, sa fille fut guérie.»

Hommage aux femmes qui donnent la vie et à celles qui, par leurs soins ou leurs prières, rendent ce miracle possible. Même Dieu semble se plier à leurs désirs. Parce que, souvent sans même le savoir, elles font sa volonté.

Antoine Malenfant

Rédacteur en chef pour Le Verbe médias et animateur de l’émission On n’est pas du monde, Antoine Malenfant est diplômé en sociologie et en langues modernes. Il carbure aux rencontres fortuites, aux affrontements idéologiques et aux récits bien ficelés.