Hollywood
Photo : Anne-Laure Dollié

Holy Hollywood

Un texte d’Anne-Laure Dollié

Silence, on tourne… action ! Il était une fois des chrétiens, poussés par la passion du cinéma à déménager à Hollywood pour réaliser leur vocation : travailler dans « l’Industrie ».

En jargon hollywoodien, l’industrie du cinéma se réduit à l’appellation d’« Industrie », comme si c’était un fait ; on déménage à Los Angeles pour travailler dans le cinéma, pas autre chose !

Du moins, c’est le motif du déménagement de toutes les personnes que j’ai rencontrées.

Entre l’extra et l’ordinaire

Mike Holley est acteur et enseignant en improvisation théâtrale. Il était déjà catholique avant d’arriver à Hollywood, mais pour lui, travailler dans l’Industrie est une vocation. « Si je prends en compte les talents que Dieu m’a donnés, travailler dans l’Industrie prend tout son sens. C’est comme ça que je peux interagir avec les autres, avec tout ce que je suis. »

« Tu ne peux pas être missionnaire ici et ne pas avoir toutes les compétences professionnelles requises. »

Mark J. Matthews

Cependant, il n’est pas toujours facile de trouver le juste équilibre entre la passion pour le cinéma, les valeurs chrétiennes et l’industrie du film.

C’est là qu’arrive le tiraillement…

« Je dois toujours me poser la question avant d’accepter un rôle : est-ce que cette histoire vaut la peine d’être racontée ? » me confie Paul Moorhead, acteur à Hollywood et chrétien depuis toujours.

« Être chrétien n’est pas cool dans les studios. Il n’y a qu’à écouter les acteurs parler entre eux sur le plateau. »

C’est également l’opinion de Mike : « Si on me demande de faire une publicité sur l’alcool, est-ce que je vais accepter ? Bien sûr ! Il m’arrive de prendre un verre de temps en temps. Maintenant, si on me propose un rôle publicitaire à propos d’un préservatif, est-ce que je vais accepter ? Non ! Mon agent ne comprend pas toujours mes choix, car je dois bien travailler ! Mais tant qu’il accepte… »

Ce tiraillement est réel pour les acteurs, mais il ne faut pas tout diaboliser de cette industrie.

Le mythe hollywoodien

On oppose souvent les valeurs morales chrétiennes et celles du milieu artistique séculier. On s’imagine un monde rempli de sexe, de drogue, d’alcool et d’âmes perdues dans la folie du succès et de l’argent. En est-il réellement ainsi ? Laissons les artistes parler.

Mark J. Matthews travaille dans un grand studio d’animation dans le département de la recherche et du développement des effets spéciaux. « Il y a ce mythe disant que l’on doit sacrifier ses valeurs morales si l’on veut travailler à Hollywood. J’étais moi-même surpris de découvrir une certaine tolérance dans le milieu. Oui, il y a des histoires folles, mais elles sont loin d’être la majorité », me dit-il.

Maggie est du même avis : « Travailler à Hollywood n’est pas différent de travailler dans une autre industrie. »

Elle est réalisatrice et productrice à Hollywood. « Mon défi est de me poser la question : est-ce que je témoigne suffisamment de ma foi à ceux que je rencontre ? Est-ce que je cherche vraiment le visage de Jésus dans chaque personne rencontrée ? »

Ces questions peuvent s’appliquer à chaque métier, dans chaque milieu. Ce qui fait la spécificité d’Hollywood, peut-être, c’est que le contenu du travail est largement diffusé sur les écrans du monde entier. Les cinéphiles et les téléspectateurs que nous sommes passent plusieurs heures devant celui-ci, toutes générations confondues.

C’est pour cela que la mission et l’évangélisation ne sont pas à négliger, bien au contraire ! Si travailler dans le septième art est une vocation, l’aspect missionnaire de l’appel est bel et bien réel.

Une mission sous-estimée

Mark m’a répété plusieurs fois que « la mission à Hollywood est sous-estimée et pourtant si importante ! » Lorsque l’on entend le mot « mission », il nous arrive de penser immédiatement aux pays du Sud. Mais qu’en est-il de la mission à Hollywood ?

Pour Mark, « la mission est très subtile et complexe. Le défi se trouve dans le message que l’on veut faire passer dans les médias ».

Il y a, à Hollywood, quelques initiatives chrétiennes qui visent l’évangélisation du milieu cinématographique. Il y a notamment une oasis catholique située en plein cœur d’Hollywood, nommée Family Theatre Productions.

Fondé dans les années 1950 par le père Patrick Peyton, le centre Family Theatre Productions a pour objectif de créer des films de qualité professionnelle avec des messages qui ont un sens moral chrétien. En plus de cela, des évènements sont organisés pour rassembler les catholiques de l’Industrie et prier pour tous les artistes d’Hollywood.

J’ai eu la chance de participer à Prayer and Pasta, une soirée de prière avec et pour les artistes incluant un beau temps fraternel autour d’un plat de pâtes !

Je me permets d’insister sur les mots « qualité professionnelle », car, pour pouvoir se faire entendre, le talent ne suffit pas. « Tu ne peux pas être missionnaire ici et ne pas avoir toutes les compétences professionnelles requises », m’explique Mark.

Christin, actrice et missionnaire, est venue spécialement à Los Angeles pour prier pour l’Industrie. « Je prie mon chapelet sur le plateau. Avec une amie, on fait le tour du studio en priant pour les gens qui sont dedans ! La prière est efficace ! » Elle fait partie de la congrégation des Filles de Saint-Paul en tant que laïque dans le monde. Cette congrégation a elle-même pour vocation d’évangéliser par les médias (radio, cinéma, musique…).

La mission est grande, mais les ouvriers peu nombreux. Comment savoir si l’on est appelé à être missionnaire dans la fameuse… industrie ?

« N’ayez pas peur ! »

Maggie a repris cette phrase de l’Évangile pour répondre aux inquiétudes des chrétiens par rapport à l’industrie du cinéma. « C’est merveilleux d’être appelé à évangéliser ici. On ne devrait avoir peur de rien tant que l’on a Jésus dans son cœur. »

Tous les artistes que j’ai rencontrés m’ont répondu que, pour cultiver cette relation intime avec Jésus, il était indispensable de s’entourer d’autres chrétiens.

Si quelqu’un se sent appelé à faire fructifier les dons que Dieu lui a donnés en essayant de vivre d’une carrière artistique autour du cinéma, il doit avant tout être conscient que ce chemin est loin d’être le plus simple, mais il reste passionnant !

Je laisse les derniers mots à Paul Moorhead : « Ma priorité est mon identité chrétienne avant d’être acteur. Je suis libre avec Jésus, peu importe le rêve que je poursuis. »


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