Saint François d'Assise
Carle (Charles-André) Van Loo, Saint François d’Assise recevant les stigmates, 1730, détail, église Sainte-Marthe de Tarascon, Bouches-du-Rhône, Provence. Photo : Renaud Camus / Flickr.

Pourquoi saint François a-t-il tout quitté ?

Au père Yvon qui, il y a 9 ans, me guida dans les rues d’Assise à la suite de saint François et de sainte Claire

« Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »

Luc 10, 21

Y a-t-il eu une âme sur cette terre qui a plus ressemblé au Christ que celle du Poverello d’Assise ? J’en doute. Il a été, à l’instar de Jésus, l’incarnation même de l’Amour fait pauvre. 

Il avait compris que pour gagner le monde au Royaume de Dieu il fallait d’abord le renier, non pas avec condescendance et superbe, mais en devenant complètement libre à son égard afin de toucher les cœurs qui en ce début de XIIIe siècle s’égaraient de part et d’autre. Comme disait le grand G. K. Chesterton : « C’est donc le paradoxe de l’histoire que chaque génération est convertie par le saint qui la contredit le plus. »

Comment le fils d’un opulent drapier, écervelé et fêtard, qui rêvait d’être chevalier et partir à la conquête de Jérusalem, est-il devenu un va-nu-pieds ?

En lisant sur la vie de saint François, que ce soit par les biographes attitrés de son temps ou plus récemment par le magnifique ouvrage que Julien Green lui a consacré, on ne peut qu’être frappé par la radicalité de sa conversion et par l’influence qu’elle a eue sur l’histoire de l’Europe au Moyen Âge, mais aussi sur le reste du monde jusqu’à notre époque. 

Une seule fin

Comment le fils d’un opulent drapier, écervelé et fêtard, qui rêvait d’être chevalier et partir à la conquête de Jérusalem, est-il devenu un va-nu-pieds ? Comment a-t-il pu se faire écuyer de Dame Pauvreté et père d’une multitude de frères qui ont vécu l’Évangile à la lettre tout en demeurant de fidèles fils de l’Église ? 

Il convient ici de comprendre qu’entre le soi-disant gouffre béant qui sépare les deux franges de sa vie s’est toujours trouvée une vérité qui fût la sienne : François avait une âme de feu, une âme profondément amoureuse.

Bien qu’il ait été un tantinet volage et frivole dans sa jeunesse, François n’était pas un excentrique dans l’unique but de l’être. Il a fait tout ce qu’il a fait et souvent poussé le déni de soi à un niveau exceptionnel à la seule fin de suivre le Christ et de redonner au monde ce qu’il avait reçu de Dieu. 

Si chacun de nous n’est pas appelé à quitter tout drastiquement pour se mettre à chanter sur les chemins les louanges de Dieu, nous pouvons au moins demander à l’Esprit de nous donner l’amour qui rend libre et qui nous permet d’être de véritables humbles et pauvres de cœurs. Saint François est actuel, car comme Leloup (pas celui de Gubbio), il nous déclare que « l’amour n’est pas mort » et que tous les êtres sont invités à vivre une communion profonde les uns avec les autres.

Il aura vécu pour répandre ce feu qui le dévorait et le faire parvenir jusqu’à nous.

Saint François, priez pour nous !


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Emmanuel Bélanger a étudié la philosophie et la théologie. Sa formation se ponctue de diverses expériences missionnaires au Caire, à Alexandrie, au Costa-Rica et à Chypre.

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