saint Thomas
Image : DeAgostini / Getty Images

La palpation de Thomas

À ma mère pour son anniversaire

Alors Thomas, appelé Didyme, dit aux condisciples :
« Allons, nous aussi, pour mourir avec lui ! »
Jn 11, 16

L’apôtre Thomas est le genre de gars qui, en pleine pandémie, se sacrifie pour l’équipe en allant faire l’épicerie. Quand tout le monde est terré dans son trou par peur des juifs (et du virus) il accepte lui de sortir, de s’exposer.

Quand le Christ, au moment des adieux, consolait ses disciples et les appelait à croire et à ne pas se troubler en disant qu’Il allait leur préparer une place, Thomas répondait un peu confus : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? » (Jn 14, 5)

Thomas continuait son enquête et désirait toujours plus comprendre cet Amour qui le serrait aux reins et le poussait encore à espérer.

Thomas si prompt à suivre Jésus, si prêt à mourir pour lui, est pris de court par l’avènement de l’Heure du Fils de l’homme et des paroles qui l’accompagnent. Et pendant que les autres se sentent simplement largués devant de telles révélations eschatologiques, lui fait virilement part de son incompréhension. Et pour y répondre, Jésus prononcera son fameux : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6).

Thomas c’est avant tout cela. 

C’est celui qui ne prend pas pour du cash tout ce qu’on lui dit. C’est le gars qui questionne pour comprendre, chose que, souvent, on a peur de faire par crainte de perdre la face. Mais Thomas n’est pas un bluffeur, et si son incrédulité est dès lors proverbiale, son courage et sa détermination devraient l’être aussi.

Imaginez le scénario : 

Alors que le Maitre est mort, que son corps a mystérieusement disparu du tombeau et que les disciples se sont enfermés morts de trouille, Thomas, lui, est sorti. 

Il est sorti se promener, sorti prendre l’air, sorti de l’ambiance morbide qui paralyse le reste des Onze. 

Il sait qu’il a trahi le Christ, il reconnait s’être enfui au moment fatidique, lui qui était plein de fougue et d’ardeur à suivre le Maitre. Cependant, il est sorti dans les rues de Jérusalem glaner les restes de prophétie et les signes promis. Bref, il continuait son enquête et désirait toujours plus comprendre cet Amour qui le serrait aux reins et le poussait encore à espérer.

Si de retour avec les autres — qu’il méprisait peut-être comme il se méprisait lui-même — il joue la carte du « sceptique » c’est, de un, parce qu’il ne croit pas le baratin fantasmagorique de cette gang de pissous et, de deux, parce qu’il se meurt de revoir Jésus en chair et en os.

Huit jours plus tard, le Christ revient. 

Thomas
La scène de la Palpation (Η Ψηλάφησης). Image tirée de loveteachiing.blogspot.com.

Les églises orientales ont une magnifique icône représentant la scène, celle de la Palpation (Η Ψηλάφησης) qui a été reprise par la suite en Occident. On voit saint Thomas enfoncer son doigt dans le côté ouvert du Christ et palper la Vie qui bat en son cœur.

Toujours cette icône me fait grande impression, car le doute est chose commune et naturelle pour l’homme, et Jésus le sait très bien. En se laissant palper par Thomas, Il nous dit à tous que le Verbe fait chair désire habiter en nos cœurs pour qu’à l’instar de Thomas nous puissions nous exclamer de manière confiante : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». 

Saint Thomas, patron des philosophes, nous montre que la recherche de la vérité n’est pas l’affaire de tièdes ergoteurs, mais bien une quête de sens qui aboutit au Mystère et à sa contemplation, une véritable béatitude qui ordonne une vie à l’annonce de la Bonne Nouvelle.

Saint Thomas, priez pour nous !


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Emmanuel Bélanger a étudié la philosophie et la théologie. Sa formation se ponctue de diverses expériences missionnaires au Caire, à Alexandrie, au Costa-Rica et à Chypre.

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