Gérard Raymond
Illustration : Marie-Pier LaRose / Le Verbe

Gérard Raymond, mystique et serviteur de Dieu

Certaines lectures ont le pouvoir de nous changer profondément. C’est ce qui m’est arrivé après avoir dévoré en trois jours le journal de Gérard Raymond (1912-1932). Au moment d’en entreprendre la lecture, je ne pensais pas y découvrir un grand mystique. 

Le jeune Gérard avait entre 15 et 19 ans quand il a rédigé les cahiers qui forment le journal. Il avait pour devise Quid nunc Christus (faire maintenant ce que le Christ ferait à ma place), ce qui donne d’emblée le ton. Gérard mentionne sans cesse son désir de se dévouer entièrement au Christ en devenant prêtre, ou même martyr, après ses études au Séminaire de Québec. 

Le journal de Gérard est d’ailleurs fascinant parce qu’il nous plonge dans ce qu’était le cours classique. Alors qu’il était parmi les meilleurs élèves de son groupe, le natif de la basse-ville de Québec nous parle abondamment du contenu académique enseigné au séminaire. Il s’agit donc d’une mine d’or d’informations pour bien saisir l’esprit de l’époque.

Gérard nous enseigne que l’essentiel pour réussir, dans les études comme dans notre vie en général, est de ne pas se mentir à soi-même. Il faut, sans se décourager, admettre ses travers, ses défauts et surtout chercher à les surmonter. 

Tout étudiant universitaire se reconnaitra dans le récit que fait Gérard des études supérieures. Il insiste abondamment sur la difficulté de s’autodiscipliner dans le travail et dans l’étude. Sur l’importance d’avoir un plan, une méthode de travail… et sur les remords qui surviennent nécessairement quand, par paresse, l’on manque aux promesses que l’on s’est faites.

Devenir une âme d’élite 

Gérard nous enseigne que l’essentiel pour réussir, dans les études comme dans notre vie en général, est de ne pas se mentir à soi-même. Il faut, sans se décourager, admettre ses travers, ses défauts et surtout chercher à les surmonter. 

C’est par cet effort constant pour s’améliorer, et par l’action de la grâce divine qui agit en nous, que nous sommes en mesure de grandir comme humain pour devenir ce qu’il appelle une « âme d’élite ». Ce qu’il avance en quelque sorte est que le travail sur nous-mêmes nous rend meilleurs et plus près de notre nature véritable puisque l’homme est créé à l’image d’un Dieu parfait. 

Gérard parle souvent de la souffrance que cela implique, des efforts nécessaires pour parvenir à cet idéal et des chutes qui seront forcément nombreuses. Loin d’être une vision doloriste ou volontariste de l’existence, il s’agit plutôt de sublimer nos difficultés pour en faire quelque chose de positif. Ou, pour paraphraser le saint frère André, un contemporain de Gérard, les souffrances de l’existence amènent à grandir pour qui sait s’en servir.

La tentation comme un frein 

Et c’est ici qu’entre en jeu la tendance à se complaire dans la médiocrité, dans la procrastination, dans les vices exacerbés par nos défauts. 

Dans son journal, Gérard insiste longuement sur la réalité de la tentation, avec tout ce qu’elle comporte au sens le plus biblique du terme, c’est-à-dire une présence active du malin pour nous détourner de la grâce, de notre nature véritable et de notre volonté. C’est ce qui lui fait dire que pour être en mesure de devenir une « âme d’élite », il nous faut être humbles et admettre au départ qu’il sera très difficile de parvenir à des résultats valables par nous-mêmes. 

Pour lui, il ne fait aucun doute que la volonté individuelle se doit d’être fortifiée par des demandes constantes par le biais de la prière… et que la grâce divine s’occupera éventuellement du reste !  

À l’image des grands penseurs classiques que Gérard étudiait, le programme qu’il nous propose est celui d’une vie de travail sur nous-mêmes visant l’atteinte de notre plein potentiel en tant qu’être humain. Les clés de cette réussite étant une grande humilité, beaucoup de résignation, une volonté inébranlable de surmonter nos travers et l’espérance qu’offre le Christ sur la croix. C’est également une existence vouée à l’étude, à la connaissance de l’univers, qui mènera nécessairement à une plus grande connaissance de Dieu.

À défaut d’être encore reconnu officiellement comme saint par l’Église, bien qu’une enquête soit présentement ouverte depuis des années, il ne fait aucun doute que Gérard Raymond a été un grand mystique et que son œuvre mérite d’être connue. 


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Pour toutes informations, requêtes ainsi que pour rapporter toutes intercessions, s’adresser à : Cause de béatification de Gérard Raymond – Séminaire de Québec – 1, rue des Remparts – Bureau de poste 460 – Québec (Québec) G1R 5L7.

Emmanuel Lamontagne

Emmanuel est présentement candidat au doctorat en histoire de l'art. Il se spécialise en art et en architecture religieuse.

1 Comment

  1. Merci pour cet article sur Gérard Raymond, un ami spirituel qui m’accompagne depuis mon adolescence et que j’ai découvert par son Journal! J’ai dernièrement signé un article sur lui publié dans le revue Le Messager de Saint-Antoine du Lac-Bouchette, en janvier dernier: La sainteté pour tous les âges (p. 19). Merci donc de continuer à conserver vivante la mémoire de ce témoin de la tendresse de Dieu de chez-nous !

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