André et Elizabeth
Photos : Jean Bernier

Les handicaps transfigurés d’André et Elizabeth

Il y a trente-trois ans, André Bisson s’est cassé le cou dans une rivière et en est ressorti quadraplégique. En un instant, son épouse Elizabeth et lui ont vu tous leurs rêves s’anéantir. Comment être heureux quand on ne contrôle plus rien, ni son corps ni sa vie? Paradoxalement, ils semblent vivre aujourd’hui une vie de grands-parents tranquilles et heureux. Ils ont généreusement ouvert leurs portes pour nous aider à saisir, à travers leur histoire et leur amour, comment le bonheur peut arriver précisément là où on ne l’attend pas.

André

André n’a pas eu une enfance facile. La foi de ses parents, tous deux orphelins, ne les empêche pas d’avoir un mariage laborieux. Quand la situation est trop tendue, il leur arrive de quitter la maison. «Ma mère allait faire des retraites, et chaque fois qu’elle revenait, elle était prête à pardonner et à recommencer avec mon père. Pour moi, ça a été un témoignage de foi.» Son père, lui, est plutôt du type ermite. «Quand il partait, il se retirait en campagne, mais je sais qu’il priait aussi.»

Lorsque c’est trop compliqué dans la maison, il se retire lui aussi dans la nature. «Quand j’allais dans le bois, c’était plus simple. Ça me faisait beaucoup de bien. J’avais l’impression d’être touché par quelque chose de grand et de beau qui me dépassait. Parfois, j’en pleurais même.»

En grandissant, André conserve cet amour de la nature. Il rêve de vivre à la campagne et d’être autosuffisant. Il étudie en aménagement de la faune et travaille un temps pour le ministère de l’Environnement.

Vient un moment où il se questionne sur sa vocation. «J’ai sorti avec quelques filles, mais ça ne marchait jamais vraiment.» Il envisage alors la vie monastique et à la même période s’offre comme bénévole dans une communauté de l’Arche où vivent des personnes handicapées. C’est là qu’il rencontrera Elizabeth.

Elizabeth

Enfant unique d’une famille anglophone de Montréal, Elizabeth se décrit comme une dépendante affective depuis l’enfance. Adolescente, elle caresse deux rêves: se marier et avoir une belle carrière. «Je ne pensais pas aux enfants. Dans ma tête, avoir des enfants, c’était juste laver des fesses et des chaudrons.»

Son premier diplôme obtenu, elle désire poursuivre en médecine, mais se trouve un peu jeune. Elle sent le besoin de vivre des expériences et décide d’aller elle aussi comme bénévole à l’Arche. Quand elle voit André, c’est le coup de foudre. «Je suis tombée en amour par-dessus la tête, raconte Elizabeth. Évidemment, je n’étais pas du tout consciente que j’étais dépendante affective.»

André et Elizabeth
Photos : Jean Bernier

L’Arche

Ses quatre mois à l’Arche révèlent à André sa première paralysie.

«Je voyais les résidents comme plus libres et moins handicapés que moi d’une certaine manière.» Jeune, il avait appris que sa valeur dépendait de ce qu’il faisait, parce qu’il était bon au hockey, par exemple. «Quand je performais, je sentais que j’avais de la valeur. Mais quand je ne performais plus, c’est comme si je ne valais plus grand-chose.»

Mais avec les personnes handicapées, il se retrouve dans un environnement où ce n’est plus le faire, mais l’être qui compte. Prendre le temps d’être tout simplement avec les autres. «Ma première paralysie, je l’ai vécue à l’Arche. Je me suis retrouvé complètement déboussolé, incapable de fonctionner.» C’est comme si une nouvelle fenêtre s’ouvre dans sa vie. Elizabeth lui montre de l’amour même s’il ne fait rien.

Quelques mois plus tard, ils s’achètent une terre dans l’idée de faire de l’agriculture bio. «On a décidé de se marier rapidement, explique Elizabeth. Lui avait ce rêve de retour à la terre et ça m’intéressait, alors j’ai embarqué dans son rêve.»

Et le rêve est devenu réalité.

Le rêve

André et Elizabeth sont presque autosuffisants dans leur petite maison en bois rond. Sans électricité, ils se chauffent au bois et puisent leur eau dans le puits sur leur terre. Les nouveaux mariés ont aussi des chèvres, des légumes et du miel à volonté. «J’avais l’impression que c’était une façon de vivre en harmonie avec la création.»

En parallèle, ils se joignent à une communauté de foi du Chemin néocatéchuménal. Ils y apprennent à écouter la parole de Dieu et à partager leurs souffrances et leurs espérances. «Appartenir à un petit noyau dans l’Église a vraiment été précieux pour tout le reste de notre vie, tient à dire Elizabeth.»

Les enfants arrivent rapidement: Jérémie, Gabriel, Kateri et Anne. C’est l’Église qui a conduit Elizabeth à envisager d’avoir des enfants. «J’ai découvert la joie de donner la vie. Toute ma vie, j’avais entendu de tout faire pour moi. Mais la joie, ce n’est pas toujours ce qu’on pense.»

Seulement, le rêve n’était pas parfait.

André se souvient. «J’étais dans le rêve que j’avais toujours caressé depuis que j’étais jeune: vivre en campagne avec une belle femme que j’aime, des enfants et des animaux.» Pourtant, il lui arrive encore, comme à l’Arche, de vivre des épisodes de paralysie. «C’était comme un petit avertissement que tout ce que j’avais, ce n’est pas ça qui allait me combler. Il manquait encore quelque chose, même si tout le rêve semblait être là. C’était une belle vie en apparence, mais vouée à l’échec. Je vivais tellement pour moi-même que ça n’avait pas de sens, ça n’aboutissait nulle part.»

«J’étais complètement appuyée sur lui pour mon bonheur. Même si j’étais croyante, pour moi la vie venait de mon mari. »

Elizabeth, elle, trouve beaucoup de joie dans ses enfants, mais demeure avec sa dépendance affective. «J’étais complètement appuyée sur lui pour mon bonheur. Même si j’étais croyante, pour moi la vie venait de mon mari. On était très, très, très heureux. Et là est arrivé son accident!»

Et le rêve devint cauchemar.

L’accident

Le soir, ils vont souvent se baigner avec les enfants à la rivière. Le 19 aout 1989, ils y vont pour la dernière fois de l’été avec leurs trois premiers enfants. Elizabeth était alors enceinte d’Anne, la quatrième. André se baigne avec les enfants, puis voit sa femme un peu frileuse dans un mètre d’eau qui n’ose pas se saucer. André décide de retourner à l’eau une dernière fois pour arroser son épouse.

«Tout s’est passé vraiment très vite. J’arrive à la course et je fais un petit plongeon de surface, comme j’ai fait des centaines de fois à cet endroit. Mais je vois sa bedaine et je me dis que je suis un peu trop proche.» Alors il tasse son bras pour ne pas l’accrocher, mais cette position l’entraine au fond de la rivière et il se cogne la tête. Il est incapable de bouger; c’est Elizabeth qui le sort et le tire sur le bord de l’eau. «J’avais terriblement mal dans le dos et le cou comme si j’étais couché sur un lit de morceaux de verre.» C’est leur fils ainé Jérémie d’à peine cinq ans qui ira appeler les secours.

André se retrouve à l’hôpital entre la vie et la mort. Dopé à la codéine, il dort beaucoup. En même temps, il comprend que quelque chose de crucial est en train de se passer. Les dommages sont extrêmement graves. Sa 5e vertèbre est cassée et a écrasé sa moelle épinière. Une coupure complète et irrécupérable. Il ne sentira plus rien en bas des épaules. Il peut encore bouger la tête et ses biceps, mais pas ses doigts.

Le verdict est tombé et sans appel: André sera quadraplégique pour le reste de ses jours.

Le cauchemar

«Vous imaginez? Tomber paralysé d’un coup sec. Un gars indépendant comme moi, qui se retrouve dépendant pour tout, tout, tout.» En plus de la paralysie physique s’ajoute une paralysie de la douleur. «Les premières années, j’ai eu mal, c’était effrayant. Tout ça me dépassait, je n’en pouvais plus.»

Après un mois et demi à l’hôpital et dix mois en centre de réadaptation, André retourne à la maison. Mais il est encore loin d’accepter son sort. «Je n’avais aucun courage. J’étais sûr que plus rien ne me rendrait heureux, que je n’avais plus le droit au bonheur.»

«Au début, je voyais un goéland passer et je maudissais: pourquoi lui aurait le droit de voler alors que moi, je ne peux même pas marcher! J’étais enragé, je me fermais et je sacrais. J’avais l’impression à des moments que la rage aurait pu me tuer.»

Alors que lui sacrait, elle pleurait.

«En une fraction de seconde, je me suis retrouvée avec un homme paralysé et, encore pire, avec un homme révolté.» Elizabeth ne reconnait plus l’homme qu’elle avait marié. «C’est comme si je l’ai perdu. Tout d’un coup, il n’était plus là. Ça ne marchait plus, car toutes mes fondations s’étaient écroulées. Pour moi, c’était comme la fin du monde.»

Une psychologue leur dit que, dans 98 % des cas semblables, les couples se séparent. Mais elle ne pense pourtant pas le quitter. Elle se sent plus désespérée que révoltée.

«J’ai vraiment crié vers le Seigneur. Je me souviens, j’allais voir André au centre de réadaptation avec Anne, parce que je l’allaitais. En partant, je montais les fenêtres de la voiture et je criais: “Seigneur, fais quelque chose, parce que moi, je ne suis pas capable!” Je ne voulais pas le laisser, mais je n’avais plus d’appuis, et je ne pouvais pas vivre dans le vide sans celui qui était le sens de ma vie.»

André de son côté suppliait Dieu: «S’il faut que je reste paralysé, je ne veux pas vivre une petite vie. Je veux une vie pleine et heureuse, sinon je ne veux rien savoir de la vie.»

Et le Seigneur a commencé à leur répondre… dans l’Église.

L’Église

Le couple reçoit d’abord une aide concrète de leur communauté de foi. «Sans l’Église, je ne serais plus là. Je serais absolument incapable de dire toute l’aide qu’on a reçue!» reconnait André dans un élan de gratitude. «L’Église est une source incroyable de liens, s’émerveille Elizabeth. Les travailleurs sociaux n’en reviennent pas de voir toutes les personnes que l’on trouve pour venir nous aider. Et ce n’est pas juste l’aide matérielle. On a reçu beaucoup d’aide spirituelle de notre communauté aussi pour nous aider à trouver le sens de ce qu’on vivait.»

Photos : Jean Bernier

Des membres de leur communauté se relaient pour garder leurs enfants, pour veiller André, pour soutenir Elizabeth de mille manières.

Puis, au fil des ans, André trouve un grand réconfort dans l’écoute de la Parole de Dieu en communauté. «C’est comme si je me retrouvais dans les histoires, les personnages et les partages. Ça venait donner un sens à ce que je vivais et je me sentais aimé.»

«S’il n’y avait pas eu Dieu dans ma vie, je pense que je serais mort. Quand on souffre beaucoup et qu’on en arrache, ce n’est pas une philosophie de vie ou une théorie sur Dieu qui fait du bien, qui sauve. Ça ne fait rien, une idée. Il faut que ce soit vrai! Si ce n’est pas vrai que Dieu nous aime et qu’il prend soin de nous, moi, je meurs.»

La prison

Après cinq ans de paralysie, des amis proposent à André de venir témoigner en prison. Après tout, lui aussi est en prison. Le soir, juste avant de partir pour le pénitencier, il tombe sur une interview télévisée d’un homme paralysé à la 5e vertèbre qui vivait avec une femme et des enfants dans sa maison. Exactement comme lui! Sauf que cet homme expliquait qu’il était tellement écœuré de la vie qu’il ne voulait plus vivre. Il avait commencé à cesser de manger pour se laisser mourir.

«Moi, je m’en allais à la prison partager à des prisonniers ce qui me faisait vivre, raconte André, et lui il annonçait qu’il se laissait mourir.» Stupéfait, il se demande quelle est la différence entre cet homme et lui. «Je comprenais tout ce que ce gars-là vivait. Il était pareil à moi. Je n’avais pas envie de le juger une seule minute. Mais pourquoi moi, je n’avais pas envie de m’enlever la vie?

«La seule différence que je voyais, c’est que, pour moi, quelqu’un était descendu dans mon enfer pour me sortir de là. Et cette personne, c’est Jésus Christ. Je peux l’affirmer avec certitude: personne d’autre n’aurait pu me redonner le bonheur.»

André n’a jamais pensé se suicider ou demander l’aide médicale à mourir. «Je pense que c’est l’amour qui m’a tenu en vie. Moi, j’ai l’impression que ceux qui demandent l’euthanasie aujourd’hui, ce sont des personnes qui souffrent véritablement, mais qui sont véritablement seules aussi, qui vivent leur souffrance seules. Il y a une différence entre la souffrance et la croix. La croix, c’est une souffrance vécue avec Dieu. La croix a un sens, alors que la souffrance, on veut juste s’en débarrasser.

La croix, c’est une souffrance vécue avec Dieu. La croix a un sens, alors que la souffrance, on veut juste s’en débarrasser.

«Les personnes ayant le visage le plus heureux que j’ai vu dans ma vie, ce sont des moines. Eux aussi, ils sont dans une forme de prison dans leur cloitre. Ma prison à moi, c’est mon corps, mais cette prison-là est en train de se transformer. Elle est en train de devenir tranquillement un monastère. Je découvre une liberté que je ne connaissais pas avant, parce que cette prison est de plus en plus un lieu où je découvre l’amour de Dieu.»

Les Paroles

Elizabeth aussi est profondément aidée par des Paroles de Dieu.

«Tout concourt au bien de celui qui aime Dieu» (Rm 8,28). «Je ne voyais pas du tout comment la paralysie de mon mari pouvait concourir à mon bien. Par contre, cela me donnait l’espérance qu’un jour ça pourrait être vrai.»

«Celui qui veut sauver sa vie la perdra; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera» (Luc 9,24). «Avant, j’avais un mari qui subvenait aux besoins de la maison, qui m’aidait avec les enfants et qui me donnait de l’affection. Mais avec cette Parole, j’ai compris que je cherchais ma vie en André et que, si je voulais être heureuse, c’était à moi de perdre ma vie pour lui.»

Enfin est venu l’évangile de la Samaritaine, cette femme malade affectivement qui cherchait la vie dans les hommes, alors que seul le Christ pouvait combler sa soif d’amour. «Souvent, on veut que l’autre nous donne la vie, qu’il nous remplisse, alors que dans le fond, l’autre n’est pas capable de nous combler parfaitement, même si on s’aime à la folie.» À ce stade, Elizabeth avait compris que la vie devait lui venir de Jésus Christ, mais elle n’avait pas encore de relation forte avec lui. «Même en le sachant, ce n’est pas ça que je vivais.»

Cet article est tiré de notre numéro spécial BÉATITUDES. Abonnez-vous gratuitement en cliquant sur la bannière.

Jésus Christ

Après des années de don de soi, Elizabeth finit par se bruler. En 2014, elle tombe en épuisement nerveux. Incapable de travailler et de parler, elle doit rester couchée et même quitter la maison un certain temps. Mais elle en tire une leçon du Seigneur: «J’étais trop perfectionniste. Je pensais que Dieu pouvait m’aimer uniquement si je faisais bien les choses, qu’André pouvait m’aimer uniquement si je pensais juste à lui et jamais à moi.»

Lorsqu’elle ne peut plus répondre aux attentes des autres, elle commence à éprouver l’amour de Dieu pour elle.

« C’est quand je me suis retrouvée seule dans ma faiblesse extrême que le Christ est venu m’aimer, qu’il est venu cultiver en moi une relation avec lui dans laquelle j’ai pu trouver le bonheur. J’ai expérimenté la vérité de ce que dit Catherine Doherty: que la croix, c’est le baiser du Christ. Parce que c’est là que Jésus Christ est entré concrètement dans ma vie. Le Seigneur a vraiment tiré du mal un plus grand bien, et ce bien, c’est lui-même! »

Depuis cet épisode, Elizabeth découvre de plus en plus que le Christ se trouve au fond du calice. «Dans le fond de la souffrance, Jésus Christ est vraiment là. Je le rencontre là, je le goute là, avec toute sa beauté et sa douceur. Il m’attend au fond de cette peine et ça la transforme en amour.»

La gratuité

Quand Elizabeth reviendra à la maison, elle ne sera alors plus capable de veiller son mari plusieurs nuits par semaine comme elle l’avait fait durant des années. Le couple fait alors appel à des amis pour les aider. Depuis neuf ans, ils sont nombreux à être venus passer une nuit chez les Bisson à tour de rôle.

Au début, André ne veut rien savoir qu’une personne nouvelle vienne tous les soirs passer les nuits avec lui. «Moi qui étais un peu sauvage, je me trouvais obligé de faire la conversation tous les soirs avant de me coucher.» «Ce n’est pas tout le monde qui aime avoir de la visite à l’heure du coucher non plus!» ajoute Elizabeth avec un sourire.

Avec le temps, André s’habitue et embrasse cette nouvelle croix comme une source de grâces. «Aujourd’hui, je suis content. J’avais beaucoup étudié la faune, mais là, j’ai l’impression de découvrir la grandeur de l’être humain dans les échanges qu’on a avec ceux qui viennent m’aider. Je vois que c’est Dieu qui vient me visiter à travers eux. Ils donnent leur vie pour moi.»

André expérimente plus profondément la gratuité de l’amour. D’abord grâce à Elizabeth qui est restée avec lui, et aussi avec toutes ces personnes qui viennent les aider. «Je sais que c’est gratuit parce que je suis incapable de redonner en échange. J’ai compris que c’était comme ça que Dieu m’aimait. Que c’est Dieu qui m’aimait à travers ces personnes, à travers la communauté, à travers l’Église. Que c’est Dieu qui passe pour me dire: «André, je t’aime. Je t’aime comme tu es.»

«C’est comme si ma paralysie extérieure a permis la guérison de ma paralysie intérieure. La paralysie de ne plus être capable de fonctionner quand je ne me sens plus aimé pour ce que je fais. Aujourd’hui, mon cœur n’est pas paralysé, je peux aimer et être aimé!»

«Quand je vais mourir, je vais pouvoir dire que Dieu m’a vraiment aimé beaucoup. J’ai une dette d’amour incroyablement grande. Mais en même temps, je découvre que cet amour-là est gratuit. Donc que je n’aurai pas besoin de le rembourser.»

Photos : Jean Bernier

Le bonheur

Trente-trois ans après l’accident qui a bouleversé leur vie, André et Elizabeth se disent tous deux plus heureux qu’auparavant. «Même si c’était tellement facile au début et qu’il y a des limites aujourd’hui, reconnait Elizabeth, on est plus amoureux en vérité aujourd’hui. C’est l’histoire de notre vie et je peux dire que je suis contente de tout ce qu’on a vécu ensemble… et c’est pas fini!»

«Aujourd’hui, ajoute André, non seulement je suis en vie, mais je suis content d’être en vie. Je n’ai plus d’amertume. C’est fou à dire, mais on dirait que je suis même plus profondément heureux que j’étais avant de me casser le cou. Ça me dépasse. J’étais tellement sûr que je ne pourrais plus être heureux que je suis chaque jour surpris d’être heureux. C’est le contraire d’avant: à l’extérieur ça ne va pas super bien, mais à l’intérieur, il y a une paix qui s’est installée.»

Tout comme Elizabeth, André voit dans ce plus grand bonheur un miracle qui ne dépend d’aucune manière de ses propres forces: «Je n’ai rien fait pour être heureux. La seule chose que j’ai faite, c’est de m’exposer à l’amour de Dieu. Comme quelqu’un qui se fait bronzer. Tout est grâce.»

Simon Lessard

Simon aime engager le dialogue avec les chercheurs de sens. Diplômé en philosophie et théologie, il puise dans les trésors de la culture occidentale, combinant neuf et ancien pour interpréter les signes des temps. Il est responsable des partenariats au Verbe médias.