Je suis nostalgique de nos vieilles amours

Mon mari dit que je suis nostalgique de nos vieux jours. Faut comprendre que c’est un poète, mon mari. 

Il dit ça parce que je deviens émue chaque fois que je vois un couple de vieux amoureux qui prennent leur marche en se tenant la main, que j’ai systématiquement le cœur lourd de penser qu’on ne vivrait peut-être pas ensemble aussi longtemps… Voilà. 

C’est pour ça qu’il dit ça. 

Chaque fois, c’est immanquable, je prends une voix aigüe, la même que lorsque je parle à mes bébés, et je lui dis : « Check! Ça, c’est toi pis moi, dans 50 ans ! »

Je n’ai donc pas besoin de vous dire que j’ai été victime des algorithmes de la vie quand j’ai vu apparaitre la minisérie documentaire Mon amour, en six histoires sur Netflix il y a quelques semaines.

Les princesses de Disney peuvent aller se rhabiller !

Portraits de couples 

Les vraies histoires d’amour, celles qui font rêver, qui donnent des frissons et qui suscitent l’envie, elles sont présentées dans ces six épisodes d’une soixantaine de minutes.

En effet, chaque épisode suit un couple formé il y a plusieurs années, dans le quotidien d’une année de leur vie à deux : Ginger et David habitent la ferme familiale récupérée par un de leurs fils ; Nati et Augusto font la récolte des amandes et des olives, dans les montagnes d’Espagne, avant de faire leur premier voyage ensemble, à 80 ans ; Kinuko et Haruhei font face à la maladie et prennent soin l’un de l’autre, etc.

Il y a aussi Nicinha et Jurema, deux femmes dont l’amitié initiale a évolué au fil des ans. Elles habitent un abri de fortune avec leurs enfants et petits-enfants, au beau milieu du favela de Rio de Janeiro et préparent leur retraite en rêvant de la vie de campagne. Il n’y a rien de vulgaire ou de choquant dans leur vie : le labeur côtoie la tendresse, la pauvreté avive le partage.

Un amour du quotidien

Ce sont toutes des histoires simples, jamais sentimentales, mais toujours émouvantes. On y voit l’amour dans sa forme la plus pure, la plus douce, la plus touchante. 

Il n’y a pas de combats à l’épée ou de belle-mère horrible, mais la maladie, la vieillesse, la perte d’amis, le travail au quotidien. Il n’y a pas de grands poèmes, de réservation dans un restaurant cinq étoiles ou de feux d’artifices, mais des caresses, des mots tendres par-ci par-là, de l’humour et des attentions discrètes. 

Il semble aussi que les réalisateurs se soient complètement effacés, laissant ainsi toute la place à leurs protagonistes, à la lenteur merveilleuse des récits. 

Ce petit bijou de minisérie, à regarder en solo ou en amoureux, replace les contes de fées dans leurs livres, et dépeint le genre de vie et d’amour total auxquels on peut aspirer réellement.


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Florence Malenfant

Détentrice d'un baccalauréat en histoire de l'art à l'université Laval et d'un certificat en révision linguistique, Florence a une affection particulière pour le bouillon de poulet et un faible pour la littérature russe!

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