« Chéri ! Je (ne) sens (plus) mon corps ! »

J’imagine que vous allez dire que j’ai une fixation. Vous allez même peut-être lever les yeux au ciel et croire que je n’en ai que pour mon petit nombril (et ce qui se passe en dessous).

Pourtant, ce n’est pas de mon ombilic dont il s’agit, mais de mes hormones ! Elles se font la malle et ça bouscule l’humeur, le désir sexuel, l’énergie, le sommeil, l’appétit… TOUT ! 

Vous n’en avez rien à faire des hormones ? C’est probablement parce que :

  1. soit vous n’êtes pas encore arrivée à l’âge vénérable de la cinquantaine ;
  2. soit vous l’avez dépassée depuis belle lurette et que vous ne voulez plus en entendre parler ;
  3. ou soit vous êtes un homme. 

Quelle que soit votre raison, je comprends. 

Avant ma préménopause, ma ménopause, et mon éventuelle périménopause ou postménopause, je me souciais de mes hormones comme d’une vieille chaussette brune rayée jaune perdue au lavage. 

Tiens. Je m’en fichais comme je me fichais de mon poids sur la balance à mes 22 ans. Je montais sur la balance une fois par année – chez la gynéco. Le reste du temps ? Rien à fiche ! 

J’étais grosse comme une échalote ! Tellement échalote, la fille, que même mon agence de mannequins voulait que je prenne du poids si je voulais d’autres contrats. Rien ne me faisait ! Tsé. 

C’était un temps où je ne jurais que par le « no bra », ou la minuscule bralette. Quand t’as rien. T’as rien. 

Aujourd’hui, disons que c’est seulement à la maison que je me libère de la brassière, ou que j’enfile la bralette. 

Il vient un temps, dans la vie, où tu acceptes, avec résignation, puis avec satisfaction, de te laisser aider à supporter le poids de tes années…

Sentir son corps

Alors me voilà 30 ans plus tard, quatre grossesses plus tard, et le fruit de quelques années de compulsion alimentaire plus tard, ainsi que l’absence quasi totale d’hormones qui, paradoxalement, prennent toute la place. Oui, elles brillent par leur absence !

Je me souviens du jour où j’ai senti mon corps « pour la première fois ». Ça faisait trois ans que j’avais accouché de notre dernier. On était à l’hôtel pour un weekend amoureux. Je nageais dans la piscine et j’ai crié : « Chéri ! Chéri ! Je sens mon corps ! » 

Comme une sensation de le retrouver, d’en avoir une certaine maitrise. 

Pendant huit ans, ce fut le bonheur de la remise en forme. Puis, la cinquantaine arriva. Et rebelote (comme quand ton bébé est sevré et que tu fantasmes sur une vie et surtout des nuits « normales », et que tu apprends, un matin, que t’es enceinte).

Je ne me plains pas. Il y a une liberté renouvelée, une paisible aisance, et je dirais même une sainte indifférence à vivre avec un bourrelet qui sera là pour rester, des vergetures qui tracent le chemin parcouru, et une paire de seins devenus trop lourds. 

On se dit que tout ça, c’est arrivé par amour. Que ce corps en est le fruit. 

Créé par amour et pour l’amour ; il m’a été donné, et je le redonne

Aimer, c’est tout donner. Et tout accueillir aussi.


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Brigitte Bédard

Brigitte Bédard est journaliste indépendante depuis 1996. Elle vient de publier « J’étais incapable d’aimer. Le Christ m’a libérée » (Éditions Artège), son témoignage de conversion franc et direct.

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