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Josh Appledate/Unsplash

«La race des prêtres, c’est la pire»

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Je n’avais autrefois rien de négatif ni de positif à propos des prêtres: ils étaient là, sans que je ne les considère vraiment. C’était avant que je comprenne leur mission. 

« La race des prêtres, c’est la pire », me confiait-on encore dernièrement. C’était — cette fois du moins — une simple boutade. De la part d’un prêtre qui plus est!

Et pourtant, nombreux aujourd’hui y adhèreraient, même dans les milieux chrétiens…

Encore à propos de Florence!

Personnellement, je n’ai jamais rien eu de négatif à dire contre les prêtres (hormis quelques lamentations à propos d’homélies plus ennuyantes que d’autres).

Jusqu’à peu, je n’avais toutefois rien d’incroyablement positif à dire non plus. Du respect. De la reconnaissance. De la sympathie. Mais, bien franchement, rien de plus. Ma politesse n’allait pas jusqu’à l’admiration. Je réservais cette dernière uniquement pour mes professeurs de philosophie. « Les sages véritables » me disais-je…

À Florence (on revient toujours à l’Italie avec moi, vous l’aurez peut-être compris!), tout a cependant basculé. J’y allais pour travailler avec une sommité de la philosophie. Et le sage que j’ai rencontré là-bas se trouvait plutôt… dans un presbytère inconnu.

J’ai ainsi fait, à Florence, la découverte du siècle : « un prêtre, c’est encore mieux qu’un prof de philo! »

Le pouvoir d’agir en la personne du Christ

Au fond, c’est évident pour qui connait la doctrine de l’Église : le prêtre agit en la personne du Christ. Il sacrifie au nom du Christ, pardonne les péchés au nom du Christ, conseille au nom du Christ, enseigne au nom du Christ… L’explique clairement le Catéchisme :

Dans le service ecclésial du ministre ordonné, c’est le Christ lui-même qui est présent à son Église en tant que Tête de son corps, Pasteur de son troupeau, grand prêtre du sacrifice rédempteur, Maître de la Vérité. C’est ce que l’Église exprime en disant que le prêtre, en vertu du sacrement de l’Ordre, agit in persona Christi Capitis.  (CEC, 1548)

Dur à battre! Même pour les meilleurs disciples d’Aristote!

Certes, l’enseignement de l’Église, sur ce point, peut sembler abstrait. Et pourtant, quand on l’a vu, quand on l’a expérimenté quotidiennement, quand on a fait acte de foi, ça devient une vérité plus certaine que 2+2=4.

Aujourd’hui, spécialement durant la messe ou le sacrement de la réconciliation, ce sont encore de simples hommes, pécheurs comme nous tous, que j’observe avec mes yeux de chair. Mais avec les yeux de ma foi, il m’est donné de contempler mon Libérateur.

Une folle prière

Me mourant donc d’amour pour cette vérité, j’ai déclaré en septembre au Seigneur : « fais-moi servir la vocation sacerdotale!!! » (C’est toujours dans les exaltations les plus intenses qu’on fait les prières les plus bizarres…)

Qu’à cela ne tienne. Le Seigneur entend tout! Même les prières dites dans un élan de joie insouciante! Et ainsi, quelques mois plus tard, je me retrouve avec un nouvel emploi : professeure de philosophie à l’Institut de formation théologique, au grand séminaire de Montréal.

«Je suis prêtre et toxicomane»

Moi qui, avant l’Italie, négligeais la prière de peur de manquer de temps d’études en vue de ma future carrière, je me vois offrir un job à la suite d’une simple prière. Le Seigneur a le sens de l’ironie, c’est le moins qu’on puisse dire!

Le grand séminaire

Et donc je me retrouve, chaque semaine, à œuvrer — et à errer — dans le grand séminaire de Montréal. Édifice aussi majestueux que… vide, malheureusement.

Le 15 novembre dernier, on annonce une messe vocationnelle. J’imagine une grande célébration! Je visualise la splendide chapelle du séminaire remplie à craquer! « Tous ensemble, nous prierons le Seigneur d’envoyer des ouvriers pour la moisson! » Je jubile déjà!

Les philosophes sont parfois naïfs… Évidemment, la chapelle du séminaire, le 15 novembre dernier, était presque vide.

L’homélie de Monseigneur Lépine a alors contrasté fortement avec le taux de participation… En soulignant la nécessité et la grandeur de la prêtrise, les quelques quidams venus pour prier pour cette vocation semblaient bien insuffisants.

Une vocation spéciale au salut

Mgr Lépine a résumé admirablement le sens de la vocation sacerdotale : «le prêtre donne sa vie au Christ et ce afin de conduire au Christ». Ainsi, le sacerdoce ministériel est l’instrument que le Christ lui-même a choisi, instauré, pour continuer son œuvre de salut.

Toute vocation, a répété plusieurs fois Mgr Lépine, est en fait une participation au royaume de Dieu.

Or, ce royaume, on peut le considérer sous la perspective de la création ou de celle du salut. Le mariage et le travail, par exemple, sont des vocations qui contribuent principalement à l’œuvre de la création.

Le sacrement de l’ordre, quant à lui, vise principalement le salut des fidèles et même de l’humanité entière. Tous les hommes, en effet, ont besoin du salut, et donc de Jésus et donc… des prêtres.

Le prêtre nous est indispensable, a expliqué l’évêque de Montréal. Pas par lui-même ni en lui-même, mais parce que Jésus nous est indispensable. Tout simplement.

Prions pour des ouvriers

Prions, alors, le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers. Simon a bien écrit dernièrement, après tout, que la vocation sacerdotale était avant tout une affaire de prières…!

Et pourquoi pas, par exemple, le 7 février prochain, à la prochaine messe vocationnelle du grand séminaire de Montréal?


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Laurence Godin-Tremblay

Laurence étudie présentement au doctorat en philosophie et complète, dans ses moments de loisir, un certificat en théologie. Elle enseigne depuis peu également la philosophie à l’IFTM.

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