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Photo : Elena Mozhvilo / Unsplash

Pour des calendriers de l’avent… chrétiens

Je n’avais même pas encore fini de manger les bonbons d’Halloween de mes enfants que déjà les magasins me sommaient de leur acheter des calendriers de l’avent bourrés de chocolat de qualité médiocre.

J’aurais choisi celui de Marilou de Trois fois par jour pour satisfaire mon désir de raffinement, mais j’ai appris aujourd’hui qu’il est déjà en rupture de stock.

Remarquez, les options ne manquent pas : Lindt, Laura Secord, Godiva, Chocolats Favoris… tous les marchands de sucreries ont bien compris qu’il y avait de l’argent à faire avec les calendriers de l’avent.

Et ce n’est pas qu’eux.

On trouve de nos jours des calendriers pour tous les gouts : thés, fromages, bières, name it! Pratiquement toutes les entreprises vendant des produits ont trouvé le moyen de faire des mini formats au nombre de 24 pour vous faire patienter chaque jour de décembre jusqu’à Noël.

Même ceux qui ne proposent pas un calendrier de produits le font sous forme publicitaire :

Recevez chaque jour dans votre boite courriel une promotion pour bien gonfler vos envies consuméristes avant la plus grande fête commerciale de l’année.

Consommer en attendant de consommer davantage pour Noël, c’est tout un deal pour les êtres humains du 21e siècle. 

Les origines modestes du calendrier de l’avent

Pourtant, les choses n’ont pas toujours été ainsi.

Les origines du calendrier de l’avent remontent à l’Allemagne du XIXe siècle, pays à qui nous devons plusieurs de nos traditions de Noël. En effet, le sapin et la couronne nous viennent également d’Allemagne, sans parler des marchés de Noël avec leur délicieux vin chaud.

Les familles allemandes de l’époque avaient l’habitude de remettre une image pieuse à leurs petits chaque jour de l’avent. Ces enfants protestants recevaient une surprise bien modeste pour préparer leurs cœurs à la fête de la Nativité.

Au début du siècle passé, un éditeur de Munich, Gerhard Lang, commercialise un calendrier rassemblant des illustrations à saveur religieuse. Quelques années plus tard, une version avec des petites fenêtres voit le jour. C’est ainsi qu’apparait le calendrier de l’avent comme on le connait aujourd’hui.

Ces calendriers traversent l’Atlantique pendant la Seconde Guerre mondiale grâce aux soldats américains présents en sol européen qui en envoient à leurs familles restées en Amérique. Dans cette foulée, des éditeurs allemands ont même commencé à faire des guides en anglais pour accompagner ces cadeaux originaux.

Dans les années 1950, les images pieuses sont remplacées par des chocolats et autres friandises. L’esprit chrétien du calendrier fait place à des versions de plus en plus séculaires. La crèche est remplacée par le sapin, le petit Jésus par le gros Santa Claus.

Des calendriers inversés

Pour tenir tête à la folie des calendriers contemporains, plusieurs options s’offrent à nous, parents qui souhaitons faire vivre à nos enfants un temps de l’avent plein d’espérance et de joie.

La première possibilité est de faire nous-mêmes notre calendrier, en y mêlant bonnes actions et petites gâteries dans une proportion qui convient à notre famille. On trouve sur le marché des calendriers vides qu’on peut remplir comme on le souhaite.

On peut aussi simplement accrocher des petits cartons numérotés permettant à l’enfant de découvrir chaque jour une parole biblique ou un geste altruiste à accomplir. Avec de jeunes bambins, les parents n’ont pas le choix de s’impliquer chaque jour dans le rituel du calendrier de l’avent.

Avec les plus vieux, on peut reproduire l’idée d’une de mes amis. Mère de famille nombreuse, elle a opté pour un calendrier à la fois secret et autonome.

Je vous explique.

Chaque enfant est invité à faire une bonne action, mais lui seul sait ce qui est écrit sur son carton et s’il fait ce qui est proposé ou pas. C’est une belle manière d’inviter nos jeunes à suivre cette Parole du Christ : « Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. »

Une leçon de généalogie

Chez nous, cette année, nous essaierons l’Arbre de Jessé. C’est une tradition que je viens de découvrir et qui consiste à faire connaitre à nos enfants un épisode biblique intimement lié à la venue de Jésus sur terre.

L’Arbre de Jessé fait un peu office d’arbre généalogique de Jésus. Jessé était le père du roi David et, par Joseph l’époux de Marie, Jésus faisait partie de la maison de David.

La forme tangible que prend notre arbre de Jessé est de seconde importance. On peut imprimer ou dessiner une petite image qui représente chaque passage lu et l’accrocher dans notre sapin ou ailleurs dans la maison.

Parmi les 29 épisodes bibliques suggérés, on retrouve la création de l’homme et la femme, l’histoire de Joseph et sa tunique colorée, le couronnement du roi David, Jonas dans la baleine, Élisabeth et Zacharie, l’Annonciation et, bien évidemment, la naissance du Christ.

Je sens que l’Arbre de Jessé saura nous préparer, petits et grands, à la venue du Sauveur dans le monde… mais comme j’ai bientôt fini les bonbons d’Halloween, je vais quand même acheter un calendrier en chocolat cheap. Je m’y prendrai plus tôt l’an prochain pour avoir celui de Marilou.


Site en anglais où on peut imprimer nos propres ornements de l’Arbre de Jessé : https://www.faithward.org/jesse-tree/


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Ariane Blais-Lacombe

Ariane est une jeune mère passionnée de périnatalité. Diplômée en sciences politiques, elle aime écrire et réfléchir sur le Québec d’aujourd’hui et son rapport à la vie de famille.

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