Angélus Millet
Image : L'Angélus, Jean-François Millet

Louange à l’Angélus

La prière de l’Angélus tend à disparaitre, mais autrefois, les cloches de nos églises sonnaient matin, midi et soir en l’honneur du grand mystère de l’Incarnation du Christ.

Ainsi débute cette prière : « L’Ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie », d’après le texte de l’Évangile de saint Luc (1, 28-42). L’Angélus prend sa source dans la prière de l’Ave. Il est une prière en trois versets qui se terminent par un Je vous salue, Marie et qui se conclut par une courte oraison.

Origine nébuleuse

On dit que saint Bonaventure, au 13e siècle, prenait soin de faire tinter la cloche — trois fois trois tintements suivis d’une volée de cloches — pour appeler ses religieux et les fidèles d’alentour à réciter trois Ave après les complies. Rapidement, on en est venu à associer cette prière au tintement de la cloche.

Cette pratique est devenue très populaire au 12e et au 13e siècles dans toute l’Europe, de l’Italie jusqu’en Hongrie. Le pape Jean XXII, en 1327, promeut cette coutume, à laquelle il attache une indulgence. Le miniconcile de Paris (1344) recommandera alors la pratique de l’Angélus à la fin de chaque journée.

D’autres sources affirment que son origine est encore plus éloignée et remonterait à Guillaume le Conquérant (1027-1087). À l’époque, le tintement de la cloche était associé au couvre-feu ; on sonnait la cloche pour la prière, puis on invitait les gens à rentrer chez eux et à fermer leur porte. On croit que la volée de cloches qui suit les trois séries de trois tintements serait un héritage de cet ancien couvre-feu médiéval.

Certains attribuent l’Angélus au pape Urbain II pour soutenir les croisés lors de la première croisade, en 1090.

Une trainée de poudre

C’est en Angleterre qu’on ajoute l’Angélus le matin, dès 1330. L’Angélus du midi, lui, fait son apparition en 1472 à la suite de la victoire des chrétiens sur les Turcs à Belgrade (1456). C’est Louis XI qui le prescrit en demandant que cette prière soit pour la paix. Dès lors, le triple Angélus se repend dans tout l’Occident.

Aujourd’hui, l’usage a gagné toute l’Église. À Rome, l’Angélus de midi est devenu un rendez-vous avec le pape. Il s’adresse alors à la foule rassemblée sur la place Saint-Pierre et rejoint tous les chrétiens du monde.

Plusieurs églises sonnent encore l’Angélus trois fois par jour. Cela nous rappelant que les cloches sont un des différents sacramentaux offerts par l’Église, un signe sacré qui vient soutenir les sacrements. Il est un appel à la prière qui nous force à sortir de nos occupations quotidiennes et de nos « urgences » pour revenir au but véritable de notre vie : l’union au Christ et à son Église en un cœur à cœur.

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Pour les plus geeks, on peut se procurer l’appli Angelus. On a le choix des heures et même l’option de faire tinter les cloches. Bonne prière à tous !


La version originale de cet article est parue dans le numéro spécial Vulnérabilité du magazine Le Verbe. Cliquez ici pour la consulter.


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Brigitte Bédard est journaliste indépendante depuis 1996. Elle vient de publier « J’étais incapable d’aimer. Le Christ m’a libérée » (Éditions Artège), son témoignage de conversion franc et direct.

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