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La barbe du barbu

Vous le saviez peut-être : la barbe du barbu est un caractère sexuel secondaire. Secondaire parce que la barbe, de toute évidence, ne participe pas directement au système reproducteur (c’est-à-dire les organes sexuels). En la portant, le barbu cherche à conquérir la dame tout en s’imposant à ses rivaux. C’est pourquoi elle apparait au moment de la maturité sexuelle. Même s’il s’agit d’un duvet, elle annonce aux dames et aux messieurs de quel bois le barbu se chauffe.

Fascinant, non ?

Est-ce à dire que plus la barbe est grosse, plus le barbu est imposant ? Non. Tranquillisez-vous, messieurs !

Dans son Discours sur le psaume 132, saint Augustin louange la barbe des moines, car « la barbe, dit-il, est le symbole de la force, elle est le propre d’une jeunesse vigoureuse, alerte et robuste. »

Ne faites pas comme certains moustachus qui omettent volontairement de se raser les poils du nez afin de donner à leur moustache plus de volume ! Et surtout, surtout, ne faites pas comme ceux qui, pour une raison inexpliquée et impardonnable, négligent de se raser les poils du nez et des oreilles, barbus ou pas !

Bichonnage appliqué

Sachez que la barbe est affaire de bichonnage appliqué. D’ailleurs, comme le disait si bien G. K. Chesterton, on ne peut pas se laisser pousser la barbe sur un élan de passion ! La chose doit être réfléchie, certes, mais surtout travaillée, dorlotée, chouchoutée, taillée, soignée et parfumée.

Même en s’y adonnant consciencieusement, certains barbus, à leur grand désarroi, devront mettre des années avant d’obtenir une barbe respectable, tandis que d’autres, plus désespérés encore, n’y parviendront jamais.

Ce qui est certain, c’est que, de tout temps, on a attribué aux barbus de grandes vertus : sagesse, virilité, statut social élevé. Taillée trop dru, elle est trop piquante pour qu’on puisse s’adonner à des embrassades passionnées. C’est lorsqu’elle est longue et douce qu’on l’apprécie — parole d’épouse de barbu !

Catho style

Il y a le sex-appeal de la barbe, mais avant tout, et surtout, il y a le côté mystique qui nous inspire. Dans son Discours sur le psaume 132, saint Augustin louange la barbe des moines, car « la barbe, dit-il, est le symbole de la force, elle est le propre d’une jeunesse vigoureuse, alerte et robuste. De là vient qu’en parlant de ces sortes d’hommes nous disons : c’est un barbu ».

Le saint n’était pas pogonophobe ! (Il ne s’agit pas de la peur des pogos, mais bien de l’aversion envers les barbes.) Et sainte Barbe ? De son petit nom Wilgeforte (« Vierge forte »). Convertie, elle aurait été persécutée et martyrisée par son propre père. On la dépeint sous les traits d’une vierge miraculeusement barbue et crucifiée (!).

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Quoi qu’il en soit, des catholiques, tous barbus et donc très de leur temps, ont créé le Catholic Balm co., où le barbu peut trouver l’unique baume à barbe catholique, le Barbatus, vendu en cinq variétés de parfums : saint chrême, lectio, franciscain, encens et orthodoxie. Amen !


La version originale de cet article est parue dans le numéro spécial Éloge de la vulnérabilité du magazine Le Verbe. Cliquez ici pour la consulter.


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Brigitte Bédard

Brigitte Bédard est journaliste indépendante depuis 1996. Elle vient de publier « J’étais incapable d’aimer. Le Christ m’a libéré » (Éditions Artège), son témoignage de conversion franc et direct.

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