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Investir au minimum sa cuisine

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Taylor Hernandez / Unsplash

Nous entendons parfois parler de l’art du minimalisme, de la sobriété. Or, cette nouvelle tendance peut très bien s’inscrire dans la vision chrétienne du bonheur. J’ai décidé d’analyser cette grande tendance mondiale du tout-mini en l’appliquant à notre alimentation.

«La sobriété, qui est vécue avec liberté et de manière consciente, est libératrice. Ce n’est pas moins de vie, ce n’est pas une basse intensité de vie, mais tout le contraire; car, en réalité, ceux qui jouissent plus et vivent mieux chaque moment sont ceux qui cessent de picorer ici et là en cherchant toujours ce qu’ils n’ont pas […]. Ils ont ainsi moins de besoins insatisfaits et sont moins fatigués et moins tourmentés.»

Alors que nous pourrions prêter ces mots à tous nos apôtres du minimalisme, ce sont plutôt ceux de notre Saint-Père, rédigés en 2015 dans sa lettre encyclique Laudato si’.

Eh non! Le minimalisme, ce courant de l’heure qui tend à contrer la surconsommation et ses impacts, n’annonce rien de nouveau!


La chronique de Pascale Bélanger à On n’est pas du monde.

Si ce mouvement antigaspillage remplit autant le fil d’actualité de nos comptes Facebook, Instagram et compagnie, c’est bien parce qu’il s’inscrit en réaction contre un trop-plein de possessions (et de pollution) qui n’est pas sans conséquence sur notre santé humaine et planétaire.

Cela étant dit, comment passer réellement de la théorie à la pratique? Comment acheter moins, ou mieux? Même si cette quête de simplicité était le quotidien «ordinaire» de nos aïeux, la grande différence demeure maintenant dans son application. Par où commencer? Ne faut-il pas carrément lutter contre nos désirs d’accumuler plus, et toujours plus?

Nos demeures sont souvent les premiers témoins de cet encombrement, emblème par excellence de notre société «civilisée». Sans dresser la liste de tous les objets contenus dans nos domiciles, il convient peut-être, pour commencer, de s’arrêter à nos cuisines et à nos salles à manger. Après tout, l’alimentation occupe une grande place dans notre vie.

Le grand paradoxe

Alors que nous sommes des milliers à acheter une panoplie de produits liés de près ou de loin à notre alimentation, il semble que nous n’ayons jamais aussi peu cuisiné et… autant jeté. Si l’on se fie aux ventes populaires chez les libraires, nous empilons des tonnes de livres de recettes dans nos bibliothèques.

Il semble que nous n’ayons jamais aussi peu cuisiné et… autant jeté.

Les petits et grands commerces nous proposent aussi des gadgets de toutes sortes pour remplir les tiroirs de nos (nombreux) comptoirs. Allant du presse-ail au zesteur, des appareils de plus en plus ingénieux pour nous simplifier la tâche se multiplient: machine à pain, mijoteuse, cuiseur à riz, batteur sur socle, autocuiseur, mélangeur(s), et j’en passe.

Bref, si nous dressons la liste des objets contenus dans notre cuisine, nous pouvons en avoir le vertige.


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Viser le minimalisme dans notre cuisine serait, à mon avis, d’abord se donner les moyens pour arriver à cuisiner davantage. Nous travaillerons par le fait même à réduire la production de nos déchets alimentaires. Parce qu’en cuisinant, nous réduisons nécessairement l’achat de multiples emballages inhérents aux produits (sur)transformés du commerce. Nous pouvons aussi diminuer – voire éviter – les pertes en achetant les aliments dans les quantités justes selon nos besoins.

Et attention! Qui dit cuisiner ne dit pas nécessairement tenter de rivaliser avec les talentueux chefs cuisiniers.

Les préalables

Avant d’en venir à adopter une nouvelle habitude, il convient de mettre toutes les chances de notre côté, non?

Qui aime investir un espace désordonné? Nous avons plutôt tendance à fuir les endroits bordéliques. Ainsi, pour que notre cuisine devienne ce lieu invitant qui nous pousse à passer quelques minutes de notre précieux temps, libérons nos comptoirs et armoires. Les objets à usage unique sont souvent encombrants, en plus de servir très peu souvent. Alors, exit les assiettes à fondue, les ciseaux à fines herbes ou le mélangeur à crêpe.

Une fois que notre espace est moins encombré, il devient de facto plus fonctionnel. Nous arrivons à voir ce que nous possédons! Nous pouvons ainsi en prendre plus soin et, surtout, nous en servir réellement! Prenons l’exemple d’un réfrigérateur trop plein. Nous ne savons plus quelles sauces nous avons achetées et quels condiments il nous reste. Résultat: nous rachetons, puis nous jetons!

En désencombrant nos armoires et notre frigo, nous pouvons également mieux planifier ce que nous allons manger. Puis, au fur et à mesure que nous planifions notre menu, nos achats se simplifient et il n’est pas rare que notre facture d’épicerie diminue.

Pour une poubelle minceur

Si l’on se fie aux données concernant le gaspillage alimentaire, il semble que les ordures dans nos cuisines ne sont pas négligeables. Le récent ouvrage La consommation dont vous êtes le z’hérosde Florence-Léa Siry, figure de proue du mouvement zéro déchet au Québec, révélait que le tiers de la production globale de denrées alimente… nos poubelles!

En désencombrant notre cuisine, en planifiant nos repas, nous nous prédisposons pour cuisiner davantage, et ainsi éviter les pertes. Viser le minimalisme dans notre cuisine, ce ne peut être que cela. Et à mon avis, c’est là l’essentiel.


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Pascale Bélanger

Pascale est une éternelle étudiante : littérature, philosophie et nutrition. Elle aime aller à la rencontre de l’Autre et apprendre chaque jour un peu plus sur l’être humain et sur sa magnifique complexité.

1 Comment

  1. Tout qu’un objectif ma chère Pascale, mais il est certes possible d’y arriver un geste à la fois. Bravo pour ton article très actuel.

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